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     M. Morgenthau, ambassadeur des Etats-Unis à Constantinople, nous offre des révelations sur l'état d'esprit de nos ennemis; il fut, à une époque où l'Amérique n'avait pas encore pris parti, sollicité par les agents allemands (M. Wangenheim et consorts) de s'entremettre pour la paix; ces étranges diplomates accasionnels ne cachèrent pas à M. Morgenthau que l'Allemagne ayant manqué son coup, ne songeait qu'à la paix provisoire, à l'abri de laquelle ils pourraient préparer un nouveau coup, avec de meilleures chances de réussite. L'ambassadeur des Etats-Unis déclina ces propositions; il accomplit aujourd'hui un devoir de salubrité en nous révélant les propositions qui lui furent faites. Voila donc une manifestation diplomatique contre laquelle on ne peut élever aucun doute: un ambassadeur américain a recueilli de la bouche des Allemands la confession la plus cynique. Que nos socialistes minoritaires veuillent bien l'enregistrer; c'est une contribution à la réfection de l'Internationale! C'est aussi une contribution à l'établissement de cette Société des Nations qui s'impose.  
 
     M. Morgenthau, ambassadeur des Etats-Unis à Constantinople, nous offre des révelations sur l'état d'esprit de nos ennemis; il fut, à une époque où l'Amérique n'avait pas encore pris parti, sollicité par les agents allemands (M. Wangenheim et consorts) de s'entremettre pour la paix; ces étranges diplomates accasionnels ne cachèrent pas à M. Morgenthau que l'Allemagne ayant manqué son coup, ne songeait qu'à la paix provisoire, à l'abri de laquelle ils pourraient préparer un nouveau coup, avec de meilleures chances de réussite. L'ambassadeur des Etats-Unis déclina ces propositions; il accomplit aujourd'hui un devoir de salubrité en nous révélant les propositions qui lui furent faites. Voila donc une manifestation diplomatique contre laquelle on ne peut élever aucun doute: un ambassadeur américain a recueilli de la bouche des Allemands la confession la plus cynique. Que nos socialistes minoritaires veuillent bien l'enregistrer; c'est une contribution à la réfection de l'Internationale! C'est aussi une contribution à l'établissement de cette Société des Nations qui s'impose.  
 
    
 
    
   L'Internationale et la Société des Nations sont deux idées nobles qui se combattent; l'Internationale est désormais chimerique; la Société des Nations est une idée qui entre dans le domaine pratique. L'Internationale veut admettre les Allemands même pendant la guerre; la Société des Nations crie: "L'expérience de La Haye nous a suffisamment éclairés; nous n'admettons les Allemands que s'ils rentrent dans la norme de l'Humanité!" Ils n'y rentrerons jamais; M. Morgenthau vous en avertit, M. Doizy vous confirme, avec preuve à l'appui, cette constatation. N'essayez pas de discuter, vous seriez, au regard du peuple de France, suspects de vous solidariser avec une Sozialdemokratie allemande asservie au militarisme prussien. Ayons un peu de mémoire! Il y a six mois, des officiers supérieurs allemands, faits prisonniers, ne vous ont pas caché leurs projets: "Oui, vous ont-ils dit, nous sommes battus; nos projets sont provisoirement ruinés! Mais nous reviendrons à la charge plus tard, et nous réussirons!" Cela signifie que l'Allemagne, même vaincue, ne s'associera jamais à la formation d'une Paix Universelle. Elle reste le pays stigmatisé par Tacite, le pays de la rapine. Soyons vainqueurs et soyons magnanimes? Nous éprouverons bientôt la déconvenue qui fut celle de Napoléon Ier. C'est pourquoi je vous rappelle la maxime des Américains, nos frères: "Nous ne ferons la paix qu'à Berlin!" En ce moment, l'ennemi pourchassé et envisageant d'autres défaites, ne songe plus seulement à une autre offensive, il prépare une autre guerre. M. Morgenthau vous le déclare, et les prisonniers allemands ne s'en cachent pas.
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   L'Internationale et la Société des Nations sont deux idées nobles qui se combattent; l'Internationale est désormais chimerique; la Société des Nations est une idée qui entre dans le domaine pratique. L'Internationale veut admettre les Allemands même pendant la guerre; la Société des Nations crie: "L'expérience de La Haye nous a suffisamment éclairés; nous n'admettons les Allemands que s'ils rentrent dans la norme de l'Humanité!" Ils n'y rentrerons jamais; M. Morgenthau vous en avertit, M. Doizy vous confirme, avec preuve à l'appui, cette constatation. N'essayez pas de discuter, vous seriez, au regard du peuple de France, suspects de vous solidariser avec une Sozialdemokratie allemande asservie au militarisme prussien. Ayons un peu de mémoire! Il y a six mois, des officiers supérieurs allemands, faits prisonniers, ne vous ont pas caché leurs projets: "Oui, vous ont-ils dit, nous sommes battus; nos projets sont provisoirement ruinés! Mais nous reviendrons à la charge plus tard, et nous réussirons!" Cela signifie que l'Allemagne, même vaincue, ne s'associera jamais à la formation d'une Paix Universelle. Elle reste le pays stigmatisé par Tacite, le pays de la rapine. Soyons vainqueurs et soyons magnanimes? Nous éprouverons bientôt la déconvenue qui fut celle de Napoléon Ier. C'est pourquoi je vous rappelle la maxime des Américains, nos frères: "Nous ne ferons la paix qu'à Berlin!" En ce moment, l'ennemi pourchassé et envisageant d'autres défaites, ne songe plus seulement à une autre offensive, il prépare une autre guerre. M. Morgenthau vous le déclare, et les prisonniers allemands ne s'en cachent pas. Croyez-vous que l'idée socialiste soit un rempart suffisant à ces appétits? La guerre française a été nationale, dès le début;

Revision as of 01:28, 6 June 2018

L'ALLEMAGNE NE SONGE QU'À LA PAIX PROVISOIRE!

Les révélations de M. Morgenthau sont un Avertissement pour nos Socialistes minoritaires et doivent les convaincre que nous devons aller jusqu'au Bout.

   M. Morgenthau, ambassadeur des Etats-Unis à Constantinople, nous offre des révelations sur l'état d'esprit de nos ennemis; il fut, à une époque où l'Amérique n'avait pas encore pris parti, sollicité par les agents allemands (M. Wangenheim et consorts) de s'entremettre pour la paix; ces étranges diplomates accasionnels ne cachèrent pas à M. Morgenthau que l'Allemagne ayant manqué son coup, ne songeait qu'à la paix provisoire, à l'abri de laquelle ils pourraient préparer un nouveau coup, avec de meilleures chances de réussite. L'ambassadeur des Etats-Unis déclina ces propositions; il accomplit aujourd'hui un devoir de salubrité en nous révélant les propositions qui lui furent faites. Voila donc une manifestation diplomatique contre laquelle on ne peut élever aucun doute: un ambassadeur américain a recueilli de la bouche des Allemands la confession la plus cynique. Que nos socialistes minoritaires veuillent bien l'enregistrer; c'est une contribution à la réfection de l'Internationale! C'est aussi une contribution à l'établissement de cette Société des Nations qui s'impose. 
  
  L'Internationale et la Société des Nations sont deux idées nobles qui se combattent; l'Internationale est désormais chimerique; la Société des Nations est une idée qui entre dans le domaine pratique. L'Internationale veut admettre les Allemands même pendant la guerre; la Société des Nations crie: "L'expérience de La Haye nous a suffisamment éclairés; nous n'admettons les Allemands que s'ils rentrent dans la norme de l'Humanité!" Ils n'y rentrerons jamais; M. Morgenthau vous en avertit, M. Doizy vous confirme, avec preuve à l'appui, cette constatation. N'essayez pas de discuter, vous seriez, au regard du peuple de France, suspects de vous solidariser avec une Sozialdemokratie allemande asservie au militarisme prussien. Ayons un peu de mémoire! Il y a six mois, des officiers supérieurs allemands, faits prisonniers, ne vous ont pas caché leurs projets: "Oui, vous ont-ils dit, nous sommes battus; nos projets sont provisoirement ruinés! Mais nous reviendrons à la charge plus tard, et nous réussirons!" Cela signifie que l'Allemagne, même vaincue, ne s'associera jamais à la formation d'une Paix Universelle. Elle reste le pays stigmatisé par Tacite, le pays de la rapine. Soyons vainqueurs et soyons magnanimes? Nous éprouverons bientôt la déconvenue qui fut celle de Napoléon Ier. C'est pourquoi je vous rappelle la maxime des Américains, nos frères: "Nous ne ferons la paix qu'à Berlin!" En ce moment, l'ennemi pourchassé et envisageant d'autres défaites, ne songe plus seulement à une autre offensive, il prépare une autre guerre. M. Morgenthau vous le déclare, et les prisonniers allemands ne s'en cachent pas. Croyez-vous que l'idée socialiste soit un rempart suffisant à ces appétits? La guerre française a été nationale, dès le début;