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LEUR CARTE DE GUERRE ET NOTRE CARTE DE PAIX
 
LEUR CARTE DE GUERRE ET NOTRE CARTE DE PAIX
 
Les Marchés alliés maîtres de l'Allemagne
 
Les Marchés alliés maîtres de l'Allemagne
Voici que se dresse enfin l'arme suprê-
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Voici que se dresse enfin l'arme suprême
me et terrible que la volonté de l'Entente
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et terrible que la volonté de l'Entente
 
tenait en réserve et qui seule est de taille
 
tenait en réserve et qui seule est de taille
 
à maintenir infrangibles et inébranlables
 
à maintenir infrangibles et inébranlables
 
les conditions de paix basées sur la justice
 
les conditions de paix basées sur la justice
qu'apres M. Lloyd George, le president
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qu'apres M. Lloyd George, le président
 
Wilson vient de proclamer à la face
 
Wilson vient de proclamer à la face
 
du monde comme indispensables pour notre  
 
du monde comme indispensables pour notre  
 
existence et pour notre liberté. Il ne
 
existence et pour notre liberté. Il ne
s'agit plus désormais de preciser seulement
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s'agit plus désormais de préciser seulement
 
ce que nous exigeons, mais de montrer  
 
ce que nous exigeons, mais de montrer  
 
que nous avons les moyens de l'imposer
 
que nous avons les moyens de l'imposer
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nom de sa fameuse "carte de guerre".  
 
nom de sa fameuse "carte de guerre".  
 
qu'elle entend dicter à ses adversaires en  
 
qu'elle entend dicter à ses adversaires en  
occupant leurs territoîres des exigences
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occupant leurs territoires des exigences
 
dont elle est juge, à notre tour, nous avons  
 
dont elle est juge, à notre tour, nous avons  
 
en main, au cas où elle n'accepterait pas
 
en main, au cas où elle n'accepterait pas
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avec épouvante que nous irons
 
avec épouvante que nous irons
 
s'il le faut jusque-là.
 
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La question est maintenant posée dans  
 
La question est maintenant posée dans  
 
sa gravité tragique. Non seulement le  
 
sa gravité tragique. Non seulement le  
president Wilson a déclaré qu'il pourrait  
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président Wilson a déclaré qu'il pourrait  
être impossible, si les maitres ambitieux  
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être impossible, si les maîtres ambitieux  
de l'Allemagne cherchaient ´ troubler la paix du monde, " d'admettre l'Allemagne aux rapports économiques libres qui doivent  
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de l'Allemagne cherchaient ´ troubler la  
inévitablement sortir d'une veritable
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paix du monde, " d'admettre l'Allemagne  
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aux rapports économiques libres qui doivent  
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inévitablement sortir d'une véritable
 
paix "; mais déjà´, les hommes d'affaires,  
 
paix "; mais déjà´, les hommes d'affaires,  
 
les Chambres de commerce de l'Amérique
 
les Chambres de commerce de l'Amérique
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de toutes les forces formidables de l'activité  
 
de toutes les forces formidables de l'activité  
 
économique des allies qui se refusent au barbare.
 
économique des allies qui se refusent au barbare.
Les termes du dilemme sont tres nets; ou la paix juste, telle que nous avons pose les conditions, ou la suppression tatale des matieres premieres, c'est-a-dire la famine, l'arret de toutes les industries, l'extermination en tant que nation productive.
 
Quelles que soient, en effet, les branches de son industrie ou de son commerce, l'Allemagne ne peut alimenter ses usines en matieres premieres sans le concours des allies. Telle est la constatation irrefutable a laquelle aboutit l'inventaire ou, si l'on peut dire, la carte des matieres premieres alliees, dressee au ministere du commerce par M. Clementel. Les chiffres en son d'une eloquence sans replique.
 
En vivres d'abord, l'Allemagne voit bloquer 85 millions de tonnes de froment contre 16 millions qu'elle produit avec l'Autriche. 23 contre 9 d'orge, 48 contre 12 d'avoine, 90 contre 7 de mais, 94 contre 0,1 de riz. Plus de the, plus de cafe, presque pas de cacao ni de tabac. Meme avec le concours de la Russie et de quelques neutres, c'est la famine
 
Mais voici qui est plus grave encore. Pas le moindre coton contre nos 4 millions 1/2 de tonnes, pas de jute ni presque de chanvre; a peine 16,000 tonnes de soie et 100,000 de lin contre 230,000 et 1 million 225,000. Enfin, neant comme caoutchouc contre nos 130,000 tonnes et 13,000 tonnes a peine entre tous les neutres.
 
Deficit a peu pres absolu aussi pour les graines oleagineueses qui conditionnaient chez nos ennemis tant d'industries, et dont ils peuvent obtenir a grand'peine 166,000 tonnes en face des 8 millions de l'Entente.
 
Enfin, pour la metallurgie et les minerais, ou l'Allemagne manifestit l'orgueil insense de vouloir commander au monde, c'est un desastre. A peine 37 millions de tonnes de minerai de fer contre 105 a l'Entente, 28,000 tonnes de cuivre contre 780,000, 172,000 de plomb contre 1 million 100,000, 14,000 de nickel contre 390,000, 124,000 de manganese contre 2 millions 218,000; pas de platine, pas de tungstene, pas de bauxite.
 
Ces chiffres, d'ailleurs, sont corrobores par ceux qui emanent de nos ennemis euxmemes. Nous avone sous les yeux la derniere edition qui a pu nous parvenir avant la guerre du Statistiches Jahrbuch fur das Deutsche Reich, donnant la situation du commerce exterieur de l'empire allemand pour 1912. Les marchandises detenues par les pays de l'Entente representent pous l'Allemagne 47,9% de ses importations totales. Quant aux marches de l'Entente, ils absorbent 45,3% des exportations de l'empire. Comment son industrie formidable, partout orientee vers la surproduction pourrait-elle subsister si des debouches pareils viennent tout a coup a se fermer?
 
  
Nous avons demande a un de nos plus distingues maitres de l'Universite de Bordeaux. M. Sauvaire-Jourdan, qui connait a merveille la situation economique de l'Allemagne, son opinion sur cette question si grave de laquelle depend, on peur le dire, tout l'enjeu de la guerre.
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Les termes du dilemme sont très nets; ou la paix juste, telle que nous avons pose les conditions, ou la suppression totale des matières premières, c'est-a-dire la famine, l'arret de toutes les industries, l'extermination en tant que nation productive.
Selon lui, une pareille menace, venant des Allies comme moyen d'arriver a une paix juste et d'eviter d'autres conflits, est des plus serieuses. Elle apparait meme comme une sanction positive sur laquelle peut se fonder plus tard cette Societe des Nations dont on parles tant et qui sans elle resterait quelque peu theorique.
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Contre une idee de ce genre, d'ailleurs, on ne peut elever aucune objection. Il est juste que nous gardions pour nous ce que nous avons, avant de servir les autres. Toute une grande phase de notre politique douaniere a ete jadis commandee par ce principe. C'etait, on s'en souvient, le systeme << pourvoyeur >>, Meme avec le mercantilisme, la politique de Colbert admet des restrictions importantes et des prohibitions d'exportation. C'est ainsi qu'on trouve des droits d'exportation sur les laines et sur les vins qui ont laisse longtemps des traces et n'ont guere disparu qu'a la veille de la Restauration.
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Quelles que soient, en effet, les branches de son industrie ou de son commerce, l'Allemagne ne peut alimenter ses usines en matières premières sans le concours des alliés. Telle est la constatation irréfutable a laquelle aboutit l'inventaire ou, si l'on peut dire, la carte des matières premières alliées, dressee au ministere du commerce par M. Clementel. Les chiffres en son d'une éloquence sans réplique.
Le principe apparait surtout dans toute sa nettete a la belle epoque du systeme pourvoyeur. C'est ainsi que nous lisons dans le preambule d'une organnance de Philippe le Bel en 1305 : << Charite bien ordonnee commence par soi-meme. Ce serait cruaute, quand le champ d'ou nait la source a soif, de la laisser se repandre dans des terres etrangeres >>, Est-il possible de trouver formule plus saisissante et un interet plus actuel?
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Le public ne voit point assez, nous dit M. Sauvaire-Jourdan, que si l'Allemagne, quoiue bloquee, peut vivre a cette heure parce qu'elle a ses industries de guerre, au jour de la paix, quand elles disparaitront, elle va mourir de faim si ses industries normales ne sont pas rouvertes. Elle va se ruer sur les matieres premieres et sur les produits alimentairs essentiels.
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En vivres d'abord, l'Allemagne voit bloquer 85 millions de tonnes de froment contre 16 millions qu'elle produit avec l'Autriche. 23 contre 9 d'orge, 48 contre 12 d'avoine, 90 contre 7 de mais, 94 contre 0,1 de riz. Plus de the, plus de cafe, presque pas de cacao ni de tabac. Même avec le concours de la Russie et de quelques neutres, c'est la famine.
Or, elle ne peut vivre deux mois sans coton, sans caoutchouc, sans des quantites suffisantes de minerai de fer. Des avant les hostilites, il lui manquait 2 millions de tonnes de ce minerai. C'etait la terrible disette du fer (Erznoth) dont elle sentait deja la menace et qui l'obligeait a acheter enormement a Briey et a s'interesser a Segre et a Cherbourg. Si la guerre se termine, comme nous l'esperons, par la reprise de la Lorraine et que nous lui fermions les approvisionnements lorrains, c'en est fait de sa prosperite metallurgique. Elle se trouve en face d'une situation sans issue, avec une classe oubriere qui, en dehors des usines de guerre, ne peut travailler qu'avec les matieres premieres qu'elle n'a plus.
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Evidemment, la fermeture de ses exportations sur les marches allies se fera sentir plus lentement a cause des debouches qu'elle pourra trouver quelque temps en Russie; mais pour l'absence de matieres premieres, elle est frappee au coeur d'une maniere immediate et irreparable. Il s'ensuit du meme coup la fermeture des ports de l'Entente et l'impossiblite de se ravitailler en charbon en Asie et dans l'Amerique du Nord. C'est le boycottage de sa marine marchande, c'est-a-dire la ruine. On dit qu'elle passera par les neutres? Nous n'avons qu'a maintenir a l'egard de ces derniers le controle et le contingentement, qui, realises pendant la guerre, sont encore possibles apres elle.
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Mais voici qui est plus grave encore. Pas le moindre coton contre nos 4 millions 1/2 de tonnes, pas de jute ni presque de chanvre; a peine 16,000 tonnes de soie et 100,000 de lin contre 230,000 et 1 million 225,000. Enfin, néant comme caoutchouc contre nos 130,000 tonnes et 13,000 tonnes a peine entre tous les neutres.
La question est donc tres grave et notre atout des plus puissants. Sans doute, iusqu'a present, notre metallurgic lorraine a vecu du coke allemand, contre lequel elle echangeait ses minerais; mais elle pourra, par des arrangements a intervenir, se ravitailler en Angleterre ou meme ailleurs. En definitive. si l'Allemagne a besion du monde, le monde n'a pas besion de l'Allemagne. Elle ne peut se passer du bloc allie, et nous pouvons nous passer d'elle!  
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Quoi qu'il arrive, nous ne devrons jamais oublier que, s'il en est ainsi, c'est parce que l'Amerique est entree en guerre.
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Deficit a peu pres absolu aussi pour les graines oléagineuses qui conditionnaient chez nos ennemis tant d'industries, et dont ils peuvent obtenir a grand'peine 166,000 tonnes en face des 8 millions de l'Entente.
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Enfin, pour la métallurgie et les minerais, ou l'Allemagne manifestait l'orgueil insensé de vouloir commander au monde, c'est un desastre. A peine 37 millions de tonnes de minerai de fer contre 105 a l'Entente, 28,000 tonnes de cuivre contre 780,000, 172,000 de plomb contre 1 million 100,000, 14,000 de nickel contre 390,000, 124,000 de manganese contre 2 millions 218,000; pas de platine, pas de tungstene, pas de bauxite.
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Ces chiffres, d'ailleurs, sont corroborés par ceux qui émanent de nos ennemis eux mêmes. Nous avone sous les yeux la dernière édition qui a pu nous parvenir avant la guerre du Statistisches Jahrbuch fur das Deutsche Reich, donnant la situation du commerce extérieur de l'empire allemand pour 1912. Les marchandises détenues par les pays de l'Entente représentent pour l'Allemagne 47,9% de ses importations totales. Quant aux marches de l'Entente, ils absorbent 45,3% des exportations de l'empire. Comment son industrie formidable, partout orientée vers la surproduction pourrait-elle subsister si des débouchés pareils viennent tout a coup a se fermer?
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Nous avons demandé à un de nos plus distingués maîtres de l'Université de Bordeaux. M. Sauvaire-Jourdan, qui connait a merveille la situation économique de l'Allemagne, son opinion sur cette question si grave de laquelle dépend, on peut le dire, tout l'enjeu de la guerre.
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Selon lui, une pareille menace, venant des Alliés comme moyen d'arriver a une paix juste et d'éviter d'autres conflits, est des plus serieuses. Elle apparaît même comme une sanction positive sur laquelle peut se fonder plus tard cette Société des Nations dont on parles tant et qui sans elle resterait quelque peu théorique.
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Contre une idée de ce genre, d'ailleurs, on ne peut élever aucune objection. Il est juste que nous gardions pour nous ce que nous avons, avant de servir les autres. Toute une grande phase de notre politique douanière a été jadis commandée par ce principe. C'etait, on s'en souvient, le système << pourvoyeur >>, Même avec le mercantilisme, la politique de Colbert admet des restrictions importantes et des prohibitions d'exportation. C'est ainsi qu'on trouve des droits d'exportation sur les laines et sur les vins qui ont laissé longtemps des traces et n'ont guère disparu qu'à la veille de la Restauration.
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Le principe apparaît surtout dans toute sa netteté a la belle epoque du système pourvoyeur. C'est ainsi que nous lisons dans le préambule d'une ordonnance de Philippe le Bel en 1305 : << Charite bien ordonnee commence par soi-même. Ce serait cruauté, quand le champ d'où naît la source a soif, de la laisser se répandre dans des terres étrangères >>, Est-il possible de trouver formule plus saisissante et un intérêt plus actuel?
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Le public ne voit point assez, nous dit M. Sauvaire-Jourdan, que si l'Allemagne, quoique bloquee, peut vivre a cette heure parce qu'elle a ses industries de guerre, au jour de la paix, quand elles disparaitront, elle va mourir de faim si ses industries normales ne sont pas rouvertes. Elle va se ruer sur les matières premières et sur les produits alimentairs essentiels.
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Or, elle ne peut vivre deux mois sans coton, sans caoutchouc, sans des quantités suffisantes de minerai de fer. Dès avant les hostilités, il lui manquait 2 millions de tonnes de ce minerai. C'était la terrible disette du fer (Erznoth) dont elle sentait déjà la menace et qui l'obligeait à acheter énormément a Briey et a s'intéresser à Segré et a Cherbourg. Si la guerre se termine, comme nous l'espérons, par la reprise de la Lorraine et que nous lui fermions les approvisionnements lorrains, c'en est fait de sa prospérité métallurgique. Elle se trouve en face d'une situation sans issue, avec une classe ouvrière qui, en dehors des usines de guerre, ne peut travailler qu'avec les matières premières qu'elle n'a plus.
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Evidemment, la fermeture de ses exportations sur les marchés alliés se fera sentir plus lentement a cause des débouchés qu'elle pourra trouver quelque temps en Russie; mais pour l'absence de matières premières, elle est frappée au coeur d'une maniere immediate et irréparable. Il s'ensuit du même coup la fermeture des ports de l'Entente et l'impossibilité de se ravitailler en charbon en Asie et dans l'Amérique du Nord. C'est le boycottage de sa marine marchande, c'est-a-dire la ruine. On dit qu'elle passera par les neutres? Nous n'avons qu'à maintenir a l'égard de ces derniers le contrôle et le contingentement, qui, realises pendant la guerre, sont encore possibles apres elle.
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La question est donc très grave et notre atout des plus puissants. Sans doute, jusqu'a present, notre metallurgic lorraine a vécu du coke allemand, contre lequel elle échangeait ses minerais; mais elle pourra, par des arrangements a intervenir, se ravitailler en Angleterre ou même ailleurs. En definitive. si l'Allemagne a besoin du monde, le monde n'a pas besoin de l'Allemagne. Elle ne peut se passer du bloc allie, et nous pouvons nous passer d'elle!  
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Quoi qu'il arrive, nous ne devrons jamais oublier que, s'il en est ainsi, c'est parce que l'Amérique est entrée en guerre.
 
Paul Frank
 
Paul Frank
  
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de sir Edward Carson
 
de sir Edward Carson
  
Londres, 21 janvier.- Sir Edward Carson, ministre sans portefeuille, membre du comite directeur de la guerre, vient d'adresser au premier ministre sa demission est uniquement due a des considerations se rattachant a la convention irlandaise.
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Londres, 21 janvier.- Sir Edward Carson, ministre sans portefeuille, membre du comité directeur de la guerre, vient d'adresser au premier ministre sa démission est uniquement due a des considerations se rattachant a la convention irlandaise.
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Quel que soit le résultat de la convention, dit-il, il apparaît que ces débats peuvent conduire a une situation qui exige de la part du gouvernement une décision au sujet de la politique en Irlande.
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Apres un examen angoisse, j'éprouve la certitude que ce sera un avantage pour le cabinet de guerre de discuter cette politique sans que je sois présent, étant donné le rôle très marquant que j'ai joué dans le passé dans la discussion du home-rule et les promesses qui me lient a mes amis de l'Ulster,
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Je désire aussi être entièrement libre moi-même pour former mon jugement relativement à la nouvelle situation qui peut se présenter en tenant compte a la fois du devoir suprême qui nous est imposé a tous d'aider à la poursuite de la guerre et de mes obligations personnelles comme chef du parti unioniste de l'Ulster.
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Je me suis done decide a me démettre de mes fonctions dans le cabinet de guerre.  En prenant cette decision, je suis uniquement inspiré par les considérations que je viens d'exposer.
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Dans une reponse concue en termes amicax, M. Lloyd George, en acceptant la demission, en exprime son profond regret, mais reconnaît la situation difficile ou se trouve sir Ed. Carson.
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LES COMMUNES VOTENT
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L'AUGMENTATION DES EFFECTIFS
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Londres, 22 javier, -- Après quatre heures et demie seulement de discussion, Ja Chambre des communes a voté tous les articles de la loi des effectifs.
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L'Offensive allemande     
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Nous sommes Prêts
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New York, 22 Janvier -- Dans son exposé hebdomadaire de la situation militaire, M Baker, ministre de. la guerre, parlant du front occidental, a dit:
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Tandis que l'adversaire est très occupé à concentrer ses forces pour une offensive, les Anglais et les Français s'occupent avec ardeur à renforcer leurs positions défensives en prenant de nouvelles dispositions tactiques, qui, en de nombreux cas. possèdent surtout en caractère pret a toute eventualite.
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EN AUTRICHE
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Le Premier Ministre démissionnaire
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Amsterdam, 22 janvier.  --Le premier ministre autrichien a démissionné, et le comte von Toggenburg a été chargé de former le nouveau cabinet.
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Von Seidler avait succede a Clam Martinic le 30 avril 1917.  Toggenburg était ministre de L'intérieur dans le cabinet Seidler.
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LE TRAVAIL A REPRIS A VIENNE
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Bale, 22 janvier, Les journaux de Vienne ont reparu lundi.  Le travail a repris dans la plupart des industries.  On ne signale jusqu'à présent aucun incident.
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UNE GREVE DE 24 HEURES A PRAGUE
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Bale, 22 javier.  --A Prague, les chefs ouvriers publient un manifeste invitant les ouvriers a faire une grève de 24 heures le 22 janvier et a organiser un cortège.  Le travail devra reprendre complètement:  le 23 janvier au matin.
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Divergences austor-allemandes
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Bale, 22 janvier.  -- "La Gazette de L'Allemagne du Nord"  organe du gouvernement allemand, écrit a propos des attaques du "Fremdenblatt" de Vienne contre le prince de Bulow:
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Dans les milieux officiels on désapprouve absolument les attaques du "Fremdenblatt" contre le prince de Bulow.  Il est regrettable que cette affaire ait été ébruitée par la presse des pays allies d'une manière qui ressemble a une immixtion dans les affaires allemandes.  Il est, par suite, comprehensible que la presse allemande, quelle que soit son attitude a l'égard de la politique du prince de Bulow, eleve des protestations."
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 +
La "Gazette de la Croix", comme plusieurs autres journaux conservateurs, est désagréablement impressionné par les récentes déclarations du comte Czernin qu'il ne laisserait pas échouer la paix pour des raisons de conquetes territoriales.  Elle estime que ces déclarations sont une nouvelle preuve que la politique allemande ne trouve pas auprès de lui l'appui qu'on serait en droit d'attendre.
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La Crainte boche des Raids aeriens
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Amsterdam, 22 janvier.  --Selon la "Gazette de Voss", des centaines d'officiers ennemis ont ete ajoutes aux prisonniers de guerre déjà internes à Stuttgart et dans les environs de cette ville.
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FEUILLETON DE LA PETITE GIRONDE
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DU 23 JANVIER 1918
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(71)
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Le Bandit Gentilhomme
 +
Par RESCLAUZE DE BERMON
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CHAPITRE XLIX
 +
Les Assises
 +
(Suite)
 +
Un seul témoin à décharge restait encore entendre.
 +
Bien qu'il ne fut pas mêlé directement à L'affaire, l'avocat l'avalt fail assigner, comptant sur l'effet moral de sa deposition.
 +
Le president posa les questions d'usage:
 +
-- Comment vous appelez-vous?
 +
-- Pierre Jean-Xavier de Revercourt,
 +
-- Votre profession?
 +
-- Religieux Franciscain, Lieutenant de vaisseau démissionnaire.
 +
-- Ou habitez-vous?
 +
-- Generalement a Canton (Chine);  actuellement à Paris, rue de Varennes.
 +
-- Veuillez dire ce que vous savez
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Ce qu'il savait!
 +
On lui demandait ca qu'il savait! A lui
 +
 
 +
dont les lèvres devaient rester impitoyablement closes!
 +
Etait-ce Dieu, vraiment, le Dieu dans l'amour duquel il s'etait Jete comme en unrefuge; etait-ce le Dieu bon, etait-ce le Dieu juste qui avait créé des supplices pareils a celui que lui infligeant ces seuls mots:
 +
"Dites ce que vous savez!"
 +
II venait de jurer de dire la vérité et un autre serment, anterieur, plus fort et plus sacré encore lui ordonnait de se taire.
 +
Et cependant IL savait!...
 +
II savait que cette enfant était innocente...  II savait que, depuis son berceau, elle était la victime des plus atroces perfidies.
 +
Et II ne pouvait s'écrier;
 +
Cette enfant, c'est ma fille!...  On me. l'a volée pour avoir sa fortune!...  Maintenant ce sont les vrais coupables qui l'accusent!...  Je les connais!... Prenez-les emprisonnezles, guillotinez-les.  Pas d'indulgence pour eux, car ce n'est pas une seule victime qu'ils ont faite!...  II est des armes plus meurtrières que le poison!... Qu'est-ce done qui brûle mes entrailles?  Qu'est-ce done qui brûle mes entrailles?  Qu'est-ce que ce feu de L'enfer qui me dévore le coeur?...  Ma fille sur le banc d'infamie!  Ma fille insultée par ces regards qui l'accusent, et bientot ma fille condamnee!...  A quoi?  Grands Dieux!...  A la honte ou a la mort?...  A quoi?... Cette jeune existence flétrie ou cette jeune vie fauchée...  Et moi qui sais, moi qui suis son père, je ne puis rien pour la sauver!...Je n n'aurais qu'un mot a dire et ma langue est enchaînée plus inexorablement que ne.  Ie sont les forçats par leurs cadenas de fer...  Et si cette enfant retrouvée monte les degrés de l'échafaud, je ne pourrai rien pour elle que la soutenir et tendre a ses lèvres mourantes le Dieu crucifié a la loi duquel ie l'immole!
 +
Il pensait, et malgre son energie, mise si sonvent a de rudes epreuves, son émotion était telle qu'il ne pouvait articuler aucun son.
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Le président dut lui répéter la formule:
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-- Veuillez nous dire ce que vous savez?
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II sembla alors se reveiller d'un songe.
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D'une voix dont il ne pouvait maîtriser. L'eniotion, it dit qu'il était l'oncle du fiancé de l'accusée, et qu'à ce titre il était allé la voir dans sa prison; qu'en s'appuyant sur ce qu'elle considérait comme des preuves, la justice faisait son devoir, mais qu'a cote des preuves matérielles il y avait les preuves morales; qu'il ne lui appartenait pas d'empiéter sur les droits de la défense, mais qu'il avait eu de longues conférences avec l'accusée et qu'en son âme et conscience il jurait en avoir acquis l'inébranlable foi en son innocence
 +
.
 +
Il y avait dans le ton et dans les affirmations de ce missionnaire aux tempes creuses, prematurement vieilli, un tel accent de conviction; Il eut le don d'émouvoir tous ceux qui L'entendaient d'une émotion si spéciale, de quelque chose de si imprévu, de si complètement inéprouvé que, de toutes les depositions, celle-là fut certainement la plus sensationnelle.
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En Mildred aussi, une fibre s'était émue, et quelle fibre! Quelque chose d'inemprimablement doux et d'horriblement angoissant.
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Pour sortir, le missionnaire devait passer tout près du banc des accusés.  Il jeta sur Mildred un indefinissable regard.  La jolie tête blonde s'inclina comme pour solliciter une bénédiction, et il devina au mouvement des lèvres, plutôt qu'il ne l'entendit, ces mots dits a demi-voix:
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-- Merci! mon père.
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PAGES L'HEROISME
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LES GLORIEUX SOLDATS DU SUD-OUEST
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Récit des opérations ayant valu au 6e régiment d'infanterie (Saintes) une citation a l'ordre de l'Armée
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Au cours de l'attaque du 20 août 1917 (region de Verdun).  l'objectif du 6e régiment d'infanterie était la cote 326 (ouvrage du Bufle) et a l'ouest de celle côté les tranchées de Jutland et de Trèves jusqu'a l'ouvrage de l'oursin exclusivement.
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A 4 h. 40, après avoir subi vers quatre heures un violent tir d'anéantissement, le régiment part à l'attaque de ses positions de départ sur les pentes nord de la côte du Poivre. Les trois bataillons dans Fordre, 1er, 3 et 2 s'engagent les uns derrière les autres.
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Le 1er bataillon a pour objectif l'ouvrage du Caniche, la ferme de Mormont;  il y court, colle au barrage roulant, Des sections cependant s'engagent dant un rapide combat a la grenade avec des mitrailleuses allemandes qui se dévoilent dans son flanc droit (tranchée du Chevalet) et les reduisent au silence; a 5 h, 25 le 1 bataillon a atteint son objectif.
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Le 3e bataillon traverse le ravin Vacherauville-Beaumont et vient se placer derrière la droite du 1er bataillon. A 6h. 25 il s'élance vers l'ouvrage du Bufle, s'en empare d'un seul élan, annihilant la defense des Allemands, qui se rendent.  Le Bufle est depasse, mais, la crete franchie, le 3 bataillon est en butte au tir des mitrailleuses du bois des Caures et du bois du Fays.  L'artillerie allemande a raccourci son tir et arrose nos nouvelles positions.  Les pertes sont lourdes, mais trois contreattques qui débouchent du bois du Fays et du bois des Caures sont cependant repoussées.
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Le 2e bataillon traverse le ravin Vacherauville-Beaumont sous un violent tir de barrage.  LL vient se placer derrière la gauche du 1er bataillon. A 6 h. 25, il part a l'attaque de la tranchée du Jutland; la 5e compagnie y pénètre et pousse dans la tranchée de Trèves une section qui ne peut s'y maintenir.  Les 6e et 7e compagnies se heurtent a des fils de fer intacts devant la tranchee du Jutland; malgre leurs efforts, elles ne peuvent vaincre cet obstacle sous le feu des mitrailleuses et des grenadiers allemands.  Elles se cramponent au terrain; le 21, au petit jour, le 2e bataillon parvient a s'emparer de la tranchée du Jutland après un combat a la grenade vivement mené et contribue a la prise de l'ouvrage de l'Oursin.  Seule la partie ouest de la tranchée de Trèves résiste a toutes les tentatives.
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Du 21 au 24, le régiment soumis presque constamment à un bombardement violent, en butte aux tirs des mitrailleuses embusquées a la lisière des bois, s'organise et repousse avec ténacité toutes les tentatives faites par les Allemands pour reprendre le terrain qu'ils ont perdu, a notamment une contre-attaque importante le 21, a 19h. 30, partant du bois du Fays.
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Par décision du général commandant en chef du 18 septembre 1917 , le 6 régiment d'infanterie fut cité à l'ordre l'armée dans les termes suivants:
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"Sous le commandement du lieutenant-colonel Meulle-Desjardins, s'est élancé avec impétuosité à l'attaque, [l?] 20 aout 1917.
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"Malgre la violence des [illegible- tear] outrage allemands, les pertes subies et l'arrêt momentané de sa gauche devant des obstacles incomplètement détruits, a marche droit au but, enlevant successivement deux fortes positions, s'installant en fin d'attaque sur la côte 326 (ouvrage du Bufle).
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"Violemment contre-attaqué a plusieurs reprises et sévèrement bombardé, a resiste pendant cinq fours, impassible et storque, a toutes les contre-attaques."
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ACTES INDIVIDUELS
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Fait d'armes accompli par le soldat de 1re classe LABADIE,Baptiste, 6e R. I., 6e compagnie:
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Le 1er juillet 1916, une attaque allemande aux liquides enflammés, s'étant déclenchée sur le front de la 6e compagnie, avait réussi à s'emparer de notre première ligne.
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L'occupation de cette ligne avait été fortifiée par les Allemands a l'aide de cinq mitrailleuses sur la partie de la tranchée attaquée.  Le soldat LABADIE, faisant partie d'une équipe de grenadiers en soutien de mitrailleuses entre la 5e et la 6e compagnie, organisa de sa propre initiative une contre-attaque latérale à la grenade.
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Excellent lanceur, il réussit a balayer une partie de la tranchée occupée, a s'emparer d'une mitrailleuse qui arrêtait la progression de la contre-attaque du front; tuant les servants a coupe de grenades,  il continua la progression jusqu'au moment où il put assurer la liaison complète avec la 7e compagnie a droite et les groupes de la6e compagnie qui étaient revenus  dans la tranchée."
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Temoins du fait:  aspirant Bray, soldat Charriau, caporal Rataud.
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Fail d'armes accompli par le sergent SIMON, Victor, 6e R. L., 7e compagnie:
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"Le 1or juillet 1916, a la suite de la même attaque allemande qui nous avait fait perdre quelques éléments de tranchée a la cote 304, le sergent SIMON, commandant un groupe de grenadiers d'élite, reussit a arreter l'ennemi, puis, profitant d'un moment d'hésitation, il se porta brusquement en avant avec ses hommes, culbutant les tractions allemandes qui se trouvaient devant lui, les pourchassant dans leurs lignes et reprenant ainsi integralement les positions que nous avions ete obliges d'abandonner."
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Faits d'armes accomplis par le sergent DEYRICH, Clovis, 6e R, I., 3e compagnie:
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"Le 23 août 1914, en Belgique, pris part a l'assaut avec une section.  Cette section fauchée par les mitrailleuses ennemies, il en rassemble les restes et la ramène dans les lignes."
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"A Craonne, 22 septembre 1914, etant caporal.  Volontaire pour une reconnaissance qu'il accomplit sous un feu d'enfer.  Nommé sergent sur le champ de bataille a son retour."
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"Le 23 septembre, son bataillon attaque Craonne.  Est volontaire pour toutes les reconnaissance.  Reste pour accomplir sa mission sous le feu de l'ennemi pendant six heures avec de l'eau jusqu'à la ceinture."
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"Au retour, passe sa nuit comme volontaire a transporter des blessés."
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"Le 24, accomplit comme volontaire une reconnaissance en plein jour sous les yeux de l'ennemi qui tire sur lui.  Parvient à rentrer dans le parc' de Craonne, rapporte les renseignements."
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"En octobre 1914, sur la route d'Ailles, va chercher un camarade blesse, sous le feu de l'ennemi;  revient en rapportant le blesse, sa capote traversée de plusieurs balles,"
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"Se signale depuis a chaque occasion."
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E.T.
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LE MAITRE
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Ils entrèrent tous les trois, Mirempon, Peyrouton et Joinon.
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--On est les maitres, constata Mirempon en se retournant dans la grande pièce déserte.  Les copains s'en font au ravitaillement des premières lignes.
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--On se tape la tête un peu pour se consoler,proposa Peyrouton.
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Joinon bailla, tout en se débricolant de ses musettes.
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--Moi, les retours de perme, ca me serre l'estomac pour une semaine.
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C'était autour d'eux une chambre classique d'avant-guerre; les pépères l'avaient reconstituée avec des matériaux de fortune.  Au long des murs s'appuyaient des couchettes individuelles, ou le treillage métallique, ayant bien pris la forme de l'homme, remplaçait avantageusement le sommier; une planche à pain grillagée et un garde-manager pendaient au plafond; l'ameublement se complétait d'une table à jeu en acajou, d'un fauteuil Voltaire manchot, glorieux mutilé de la guerre, et d'un poêle de tranchée qu'on avait arrêté au passage;  tout ca bien range, propre et net de partout, comme il nest de mode chez les pépères, lancés tardivement sur les chemins de la guerre.
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Les trois hommes s'étaient mis a leur aise.  Mirempon et Peyrouton déballaient des provisions, et déjà deux bouteilles issaient, poussiéreuses, de leurs paillons.
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Moi, dit mélancoliquement Joinon, je vas voir si mon crin végétal ne s'est pas trop aplati.
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Pendant qu'il s'étendait sur sa couchette, ses deux copains, silencieux, se partagèrent un saucisson.
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Soudain, Mirempon, son couteau haut levé, murmura, l'oreille aux écoutes...
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Sans perdre une bouchée, et tout en remplissant son quart, Peyrouton s'informa:
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C'est-y une arrivée ou un départ?...
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Presque aussitot, un bruit assourdissant emplit le voisinage de rumeurs et d'échos; les cloisons tremblaient, et la porte, qu'ils avaient laissée entr'ouverte, se referma toute seule.
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T'endends done pas que c'est une arrivée, declara simplement Mirempon, la bouche pleine.
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Ah! malheur! gemit Joinon, en se retournant sur sa couchette.
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Un sifflement s'arrondit sur le bâtiment, arretant net leurs propos; respiration suspendue, ils ecoutent, les oreilles hautes, comme pour se lancer à la poursuite du bruit.
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C'est pas pour nous, celui-la, fit enfin Joinon.
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Et ils respirerent avec force.
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Je vous dis que tant qu'on les aura pas mis de l'autre cote du Rhin, ces poisons se découvriront des canons qui portent toujours plus loin, reprit Joinon.
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Pet! hurla soudain Mirempon, en se coinçant entre deux couchettes, cependant que Peyrouton s'aplatissait sous la table.
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Quelque chose entra: ce fut dans la chambre une levée simultanée de poussières et de clameurs; un bruit sec battit un des murs...  puis, con n'entendit plus que les hurlements de Joinon.
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Au secours!  Faudra prévenir ma femme, Mme Joinon...Ca y est sur mon livret, je crois.
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La chambre demeurait ennuagée de poussière lourde; cramponné aux abords d'une couchette, Mirempon rugit.
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Tu es blessé!...
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Non, gemit Joinon... mais IL est couché le long de moi...
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Blème, du coin ou il se tassait, Peyron ton s'informsa:
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--Quoi done?
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--L'obus...
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--L'obus?... T'est pas marteau ?
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--L'obus... que je vous dis, se laments Joinon...ll est couche tout le long de moi, la poison...  Et puis, me faites pas parler; y va me faire fougasse sous le bras...
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On commencait  à voir clair; des platras et des gravats étaient retombés lourdement sur les lits; les êtres et les choses du décor émergeaient peu a peu du nuage de poussière, Mirempon, se soulevant, risqua un regard vers Joinon...
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--Ah ! ca ...
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Peyrouton, a quatre pattes, s'approcha...
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Alors, une terreur les poigna a voir Joinon couche' immobile, les bras en croix; une longue forme noire s'allongeait contre son flanc gauche.
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Les deux amis répétèrent encore:
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--Ah! ca...
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Puis, ils essayèrent de reconstituer la chemin suivi par l'obus.
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--Miracle du bon Dieu, trembla Peyrouton.
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A l'angle nord-est de la piece, la-haut, un trou beait, par lequel l'engin avait fait son entrée oblique; arrivé presque à son point de chute, i! avait frolé, du contour de son ogive, une des couchettes, et devie de son chemin, labouré le parquet avec sa ceinture avant de reprendre un pauvre essor et de se plaquer sur le mur blanchi à la chaux, ou son empreinte demeurait; aprés quoi, il s'était laissé tomber sur le lit, tout contre Joinon, qui hurlait d'épouvante.
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Attends un peu!..   
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ll fut un signe à Peyrouton, tous le deux s'approchèrent du lit.
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--Tu vas le prendre par les pieds reprit-il en désignant Joinon.
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Et comme, méfiant, Peyrouton ne bougeait pas:
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--Prends les pieds que je te dis... et  à moi la tete...
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Et pour Joinon, il ajouta:
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--Raidis-toi un peu.. hé!...
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Ce fut un travail lent; ils souleverent Joinon precautionneusement, d'un seul mouvement, que rythmaient les ahans par lesquels s'exprimaient leur réelle terreur; au fur et à mesure qu'ils ramenaient leur copain vers le bord, l'obus, roulant lentement, seblait s'accrocher  à lui, enfin, parvenu au creux de la couchette, il s'immobilisa, et, sur le fond brun de la couverture, il ne fut plus qu'un énorme bijou sombre, cercle d'or rouge, dans son ecrin.
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Joinon, qui s'était remis debout, claquant des dents, le regardait.
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--Allex...  allez...  émit péremptoirement Mirempon, c'est pas le moment de le braver, le gars.  Il est le maitre ici...  à cette heure...  Faut lui laisser la place.
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Sans perdre des yeux l'obus. ils reculèrent vers la sortie, refermèrent la porle, et comme le hasard y avait laissé une serrure. Mirempon en tourna la clé par deux fois.
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--T'as pas peur qu'il s'en aille, tout de meme, ricana Peyrouton, nerveusement.
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Mais Mirempon l'arreta:
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--Faut pas rie, mon p'tit gars..  Ces sares truc... y z'ont, comme ca, des fois, l'idée de partir tout seuls... Et alors, on sait jamais ou y peuvent vou envoyer leurs morceaux...
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Et, a pas religieux, les trois copains s'éloignèrent...
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J.VALMY-BAYSSE.
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SUR LE FRONT ITALIEN 
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Les Armées ennemies
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Rome, 22 janvier, --Bien que la pression des armées austro-allemandes ait légèrement diminué sur quelques parties du front italien, l'ennemi maintient encore en ligne 52 divisions et demie, dont huit allemandes.  La plus forte pression s'exerce toujours sur la ligne Brenta-Piave..  Elle est un peu moins sensible du Piave jusqu'à la mer.
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A la fin de decembre, l'ennemi n'a enlevé au front italien que deux divisions, dont l'une allemande, qui a été envoyé sur le front français; l'autre dissoute a la suite des pertes qu'elle avait subies.
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L'Autriche tyrannique       
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Rome, 22 janvier.  -- Les nations alliées de l'Autriche, dans le but d'affirmer leur participation à l'occupation des provinces de la Venetie, ont établi chacune leur propre administration dans différentes villes italiennes:  les Turcs a Feltre, les Bulgares a Conegliano.  De nombreuses maisons privées ont été saccagées à grade, à Cervigno et à Gradisca.  Celles qui n'ont pas été pillées ont été incendiées.
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D'autre part, les Autrichiens ont constitué une magistrature spéciale contre les Italiens se trouvant à la tête des administrations publiques que l'armée italienne avait précédemment libérées du joug autrichien.
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On signale aussi qu'une assemblée pangermaniste tenue à Innsbruck a voté un ordre du jour contraire a l'autonomie du Trentin et demandant en même temps la germanisation de tout le pays par l'institution de nombreuses écoles allemandes et le maintien exclusif dans le administrations et dans le clergé d'éléments allemands.
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Boroevic generalissimo ennemi 
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C'est l'indice d'une tactique défensive
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Front italien, 22 janvier.  -- Le general Boroevic a été nommé en remplacement de l'archiduc Eugène au commandement de tout le front d'ltalie.  Le general Boroevic est plus jeune que le marechal Conrad von Hoetzendorff.  Cela donne à cette substitution un caractère de mise en disgrâce qui a probablement des rapports avec les opérations sur ce front.  Conrad garde le commmandement du front des moutagnes, mais le commandement du Plave passe au-dessus de lui.
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La tactique de Boroevic sur le front italien a été généralement une tactique de défense.  ll s'est tenu sur la défensive pendant deux ans sur l'lsonzo et n'a pris l'offense que lorsque l'arrivée des renforts allemands le forcerent a avencer.  Depuis la formation de la nouvelle ligne du Piave,sa politique a de nouveau été une politique surtout de défensive.  Sa nomination semble done confirmer les bruits que l'ennemi se propose de maintenir pour le moment une attitude défensive sur le front italien.
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L'archidue Eugène serait devenu fou.
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La Conscription italienne   
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Rome, 21 janvier. -- On a commencé en Italie à caserner tous les réformés des classes 1894 à 1919. En meme temps, on procède à l'inscription de la classe 1920.
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Le général Alfieri quitte Paris
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Paris, 21 javier.  -- Le général Alfleri, ministre de la guerre d'italie, vient de passer trois jours à Paris.  Il a visite le ministre de la guerre et les chefs militaires.  Hier, il a été reçu par M. le Président de la République.
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Il s'est rendu aussi à Versailles pour visiter les membres du Conseil de guerre interallié.
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L'Effort américain 
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M. WILSON HOSTILE A LA CREATION D'UN COMITE DE GUERRE ET AUX COMMISSIONS
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Washington, 22 javier. --Le président Wilson se déclare hostile à la création d'un comité de guerre et d'un ministère des munitions, il estime que les enquêtes des commissions parlementaires ne tendent qu'à retarder le preparatifs de guerre du gouvernement, car elles retirent aux ministres leur besogne.  De plus, le projet de loi vient après la réalisation des mesures de réorganisation.  M. Wilson dit qu'il considere M. Baker, sous-secrétaire d'Etat à la guerre, comme l'un des hommes publics les plus capables qu'il n'ait jamais connus.  "Le pays, dit-il, saura blentot si c'est M. Baker on ses critiques qui connaissent leur affaire."
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CROQUIS D'ORIENT 
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1. L'ECOLE
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Près de la grande route qui conduit de Salonique au camp de Zeitenlik, un flot d'enfants s'échappe de quelques baraques entourées d'arbres -- un oasis au milieu des collines poussiéreuses et nues.  La classe est finie; une étrange classe pendant laquelle des maltres français ont enseigné notre langue a tout un petit peuple, ou sont représentées les races multiples de l'Orient européen et de l'antique Asie.  Ces gamins viennent du village des réfugiés, vraie petite ville de briques et de tôle bâtie tout près du camp' et qui abrite des grecs de la côte asiatique, des Macedoniens, des Tziganes, bien d'autres familles dont le caractère ethnique est indéfinissable.  Tous ces gens ont fui la misère turque ou l'oppression bulgare et sont venus chercher à Salonique un asile et la paix.  Ces hommes travaillent pour le compte des allies, les femmes ne quittent guère leurs maisons, les enfants rôdaient partout autour des bivouacs, mendiants inlassables qui s'adonnait avec joie a la paresse et au vagabondage. L'école a été créée pour mettre fin à ce désordre plus encore que pour répandre notre culture.
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Les baraques militaires ont servi de local, les banes, les pupitres, tout le matériel scolaire manquaient... mais les Boches avaient bien avant la guerre des écoles à Salonique, sachant fort bien qu'enseigner leur langue c'était servir leur commerce et favoriser leurs projets el domination mondiale.  Les alliés sont venus et les écoles allemandes ont dû fermer leurs portes.  On les a ouvertes pour saisir ton un mobilier solide, grâce auquel les gamins de Lembet peuvent écouter, confortablement installed, les leçons de leurs professeurs.  Une moitié de la journée est consacrée à l'étude du français, l'autre à celle du grec.  Les petits Orientaux, a l'intelligence souple, écoutent avec attention et apprennent vite.  Si quelques-uns font encore de temps en temps l'école buissonnière, la plupart -- surtout les garçons, paraît-il -- ne regrettent pas leur existence errante.  La méthode directe donne d'excellents résultats pour l'enseignement de notre langue.  Et. soit dit sans vouloir diminuer les qualités professionnelles des maîtres grecs, les enfants témoignent une sympathie plus vive pour le maltres francais.  Ceux-ci sousofficiers des classes anciennes, qui instruisaient avant la guerre les jeunes garçons du Midi de la France, sont peut-être plus paternels, moins distants que leurs colleagues hellenes.  Pour comprendre a quel point ils aiment leurs élèves, il suffit d'entendre avec quel accent ils rappellent les misères de l'hiver passé; toute cette population enfantine, sans vetements, grelottant sous des haillons.
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L'enseignement n'est pas seulement théorique.  On a voulu habituer les élèves aux travaux manuels, leur donner le goût de la terre.  Chacun d'eux a son jardin sous les arbres, a côté de l'école.  Aucune règle n'est imposée pour le choix des cultures, et l'aspect des petits carrés de terrain prouve les goûts  variés des propriétaires.  Un des plus acharnés parmi les travailleurs est un robuste garçonnet au teint pâle, aux cheveux presque blancs.  Il vient de Tiflis.  Georgie!  Quelle succession de hasards a pu le conduire à Salonique, a travers toute l'Asie turque et l'Egée?...Il montre ses légumes avec orgueil et ne se fait pas trop prier pour réciter une fable de La Fontaine.
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La sympathie des enfants a valu aux maîtres celle des parents.  Quels que soient leurs défauts, les Orientaux sont presque tous gens intelligents;  les familles ont généralement compris la valeur de l'enseiguement des professeurs français.  Ceuxci sont respectés par tous dans le village.  On les invite aux ceremonies, ou ils trouvent une place d'honneur.  Mais j'imagine que la meilleure des récompenses doit être l'accueil que leur font les enfants dans les rues.  Il faut entendre les gamins, presque des marmots, appeler en riant et en faisant rouler les r:  "Monsieur Maurel!  Monsieur Maurel!"
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Deserteur assassin
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Orleans, 21 javier. -- Surpris, alors qu'il cambriolait à Montargis, faubourg de la Sirène, par une darne Dronet, le nomme Victor Mine, dix-huit ans, deserteur, a saisi celle-ci a la gorge et l'a assommée.  On a trouvé le cadavre le lendemain.
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Le meurtrier a été arrêté. ainst que sa maitresse, Alice Pophillpu, âgée de dixhuit ans.
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REVUE DE LA PRESSE   
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LE CYCLONE RUSSE
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Paris, 22 janvier. -- Il faut admirer, dit M. Gustave Hervé (la Victoire), ceux de nos socialistes qui ne cessent de se lamenter a la pensee que la présence de quelques-uns d'entre eux a Petrograd aurait tout empêche:
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Comme si Moutet, Cachin, Laffont et Albert Thomas n'avalent pas fait là-bas tout ce qu'ils avaient pu pour empêcher ce qui arrive, Aujourd'hui ils continuent à adresser des semonces à notre gouvernment sur son inaction.  Ils voudraient qu'on intervienne là-bas, qu'on agisse!
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Agir? C'est bientot dit.  Mais que faire? 
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En ce moment il n'y a rien a faire, rien, contre un pareil cyclone.  Une fois dechafne, toutes les forces humaines sont impuissantes.  Il n'y a qu'une précaution à prendre:  eloigner les autres navires qui portent les nations alliées et leur fortune de cette zone de devastation.
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Le cyclone s'apaisera seul, comme tous le cyclones.
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Les tempetes de ce genre, conclut M. Herve, qui ne recule pas devant la métaphore audacieuse, s'apaisent d'elles-mêmes quand tout le monde est las du désordre, de l'anarchie, de l'insécurité et de la famine, quand des profondeurs du sol national surgit un sabre ou en knout geant qui apaise les flots déchaînés.
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MOEURS DE BOLCHEVIKS
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L'envoyé du Journal a Petrograd, M. Paul Erio, retrace des scènes dont il a ete le temoin.  Voici un croquis de la Constituante éphémère qui donne une idée de la mentalité des representants bolcheviks:
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Le généralissime Krylenko et le matelot Dibenko se faisaient surtout remarquer par leur violence, et lorsque Tchernoff, quoique sachant combien sa menace serait vaine, s'écria qu'il expulserait ceux de ses collègues qui ne permettraient pas aux orateurs de parler, Krylenko en ricanant lui lança cette apostrophe:  "Essayez donc!  Vous immaginez-vous qu'un seul soldat vous écoutera?"
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Pendant le discours de Skobeleff, les bolcheviks eurent une attitude particulièrement scandaleuse.  Celui-ci reprochait a Lenine d'avoir fait tirer dans l'après-midi sur les ouvriers se rendant a la Constituante, quand il fut interrompu par des hurlements sauvares.  Tous les bolcheviks l'interpellaient a la fois:  "Ceux qui se sont montrés aujourd'hui dans la rue, répétaient-ils, sont traîtres comme vous.  On a bien fait de les tuer."
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A son banc, Lenine continuait de sourire, l'air satisfait, et a plusieurs reprises je le vis aller s'entretenir avec Kolental, sa maitresse, assise derrière la tribune présidentielle, et qui me parut aussi rejouie que son sanguinaire ami.
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Aussitôt après le depart des bolcheviks une vive discussion s'engagea entre les socialistes révolutionnaires de gauche et ceux de droite, et tout a coup le depute Feolilatieff, de la fraction des socialistes de gauche, se precipita sur Tseretelli en brandissant un revolver.  Un des commissaires, du peuple sauva l'ex-ministre des poste et telegraphes en desarmant Feofilatieff.
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Autre croquis, cette fois au ministère des affaires étrangères:
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Si je ne tue pas demain deux cents bourgeois, je ne serai pas satisfait." 
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S'exprimait devant moi, la veille de la seance, un matelot à qui Trotzky accorde toute sa confiance et qu'il a installé au ministère des affaires étrangères ou, autant que j'ai pu en juger, il dispose d'une autorité que les services particuliers qu'il rend au chef des bolcheviks peuvent seuls expliquer.
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Au moment ou il faisait part de ses projets a un des adjoints de Trotzky dans le bureau duquel il se trouvait, ce farouche révolutionnaire nettoyait avec le plus grand soin un browning qu'il venait de monter et dont il avail dispose les pièces sur un dossier contenant des documents diplomatiques.
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Sa réflexion avait été du goût des personnage presents, et les marques d'approbation qu'elle provoqua me montrèrent que les leninistes entourant le matelot partageaient ses sentiments.
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Au Comité de Guerre interallié 
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Paris, 22 septembre.  -- Le gouvernement des Eta-Unis et celui de la Grèce seront représentés au comité de guerre de Versailles.
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Reunion des premiers Ministres allies a Paris
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Paris, 22 janvier. -- La semaine prochaine vraisemblablement se réunira a Paris, sous la présidence de M. Clemenceau, le comité des présidents des conseils et ministres de la guerre interallies, MM. Lloyd George et Orlando seront presents.
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La Bataille devant les Dardanelles 
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Londres, 21 Janvier.  -- On communique officiellement les nouveaux détails suivants sur l'engagement naval qui eut lieu à l'entrée des Dardanelles:
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Le "Goeben" et le "Breslau" apparurent à l'entrée des Dardanelles de bonne heure le 20 janvier et attaquèrent nos forces au nord de l'Ile d'Imbros.  Le monitor "Raglan" et petit monitor "No-28" furent sérieusement touchés et coulèrent.
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Les navires ennemis se dirigérent vers le sud de l'Ile d'lmbros.  Le "Breslau" entra dans un de nos champs de mine et coula.  Le "Goeben", l'abandonnant, rebroussa chemin a toute vapeur dans la direction des Dardanelles.
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Des destroyers turcs venus au secours du "Breslau" engagèrent le combat avec nos destroyers et furent repoussés.
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Près de l'entrée du détroit le "Goeben" toucha une mine et son arrière accusa une inclinaison d'environ 15. Il continua néanmoins sa route a vitesse réduite et finit par aller s'échouer à l'ouest de la pointe de Nagra.
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Le navire ennemi est continuellement bombardée par notre aviation.
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Nous avons recueilli 172 survivants du "Breslau", que nous avons faits prisonniers.
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Les noms des survivants du "Raglan" et du monitor "No-28" ne sont pas encore connus; sur un total d'environ 310 hommes d'équipage, on annonce qu'il y a déjà 132 survivants.
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A Propos du "Breslau" et du "Chateau-Renault"
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Toulon, 22 janvier. -- A propos du combat dans lequel le "Breslau" a été coulé, on rapporte que lorsque les officiers et l'équipage du sous-marin allemand coule il y a un mois en Méditerranée occidentale ont été recueillis a bord de deux torpilleurs d'escorte du "Chateau-Renault", on a vu avec surprise les prisonniers tomber à genoux, faire une courte prière, puis les officiers demander un répit d'une heure pour écrire à leurs familles avant d'être fusillés.  Il y a encore dans la marine allemande des officiers et des marins qui croient que les prisonniers allemands sont massacrés.
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L'Allemagne a rappelé ses sous-marins a leurs Bases
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Paris, 22 janvier. -- On annonce que l'Allemagne vient de rappeler ses sous-marins au port.  Suivant un de nos confrères, le but de cette mesure serait le suivant:
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1o Les gros sous-marins, dits croiseurs submersibles, armes de conons de 120, voire de 150 millimetres, announces au commencement de 1917, et dont l'achèvement était prévu pour la fin de cette même année, doivent etre prets.
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2o En raison de l'accroissement du nombre et de la puissance des chasseurs qui escortent aujourd'hui les transports américains, les groupes de sous-marins vont sans doute être renforcés par ces croiseurs submersibles.  Quoi qu'il en soft, le rappel des sous-marins, s'il est exact, ne sera qu'un répit de courte durée.
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Raid d'un Sous-Marin allemand 
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Paris, 22 janvier. -- Un sous-marin allemand, sous le ordres du commandant Kophanel, vient de faire la croisière Allemagne-îles du Cap-Vert et retour; au total, 5,000 milles en ligne directe, et probablement 6,000 milles, à cause des detours resultant de la destruction de 15 navires (1 destroyer americain, 9 vapeurs et 5 voiliers).
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Pour cet exploit, le commandant Kophanel est dénommé par nos ennemis le "premier heros de 1918".
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Le Marron d'Inde
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dans l'alimentation du bétail
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Dans le langage, vulgaire, on donne le même nom de "marron" aux fruits fort différents de deux arbres très distincts; le marronnier d'Inde. Qui est ornamental, et le châtaignier de nos forêts.  La ressemblance grossière de ces fruits a fait donner également le nom de "châtaignes de cheval" a celui du marronnier.  C'est au fruit de ce dernier arbre qu'en botanique est appliqué le mot de marron.  Ces deux produits sont fort différents par leur composition et leur valeur alimentaire, comme sont éloignés par leurs caractères botaniques les arbres qui les portent.
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On a beaucoup parlé dans ces derniers temps du marron d'Inde et une campagne a été faite pour engager les enfants à ramasser ce fruit, le plus souvent négligé jusqu'à ce jour, pour l'envoyer à la distillation.  Avec 8 kilogrammes de marrons, -- c'est la quantité qu'un enfant peut ramasser en une demi-heure,  -- on obtient 1 litre d'alcool.  Ce fruit a donc une réelle valeur industrielle.
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>>Il n'en a pas moins pour l'alimentation du bétail.  Il existe à  cet égard bien des doutes ou même des préjugés, et je désirerais mettre au point la question d'après les plus récents travaux.  Il résulte des analyses que le marron est pauvre en matière azotée et en graisse, mais qu'il est riche en amidon.  Il se rapproche done plus des racines et des tubercules que des graines.  Mais, en outre, il contient un principe amer qui en réduit l'usage alimentaire, soit parce qu'il est toxique pour certaines espèces, soit que cette saveur le fasse refuser par les animaux.  Le trempage prolonge, le lavage à l'eau courante font disparaître ce principe nuisible et augmentent for la valeur alimentaire de ce fruit, don't l'usage peut devenir des lors plus general.  Mais si facile que soit cette préparation.  elle demande un certain temps.  Aussi, recherchons d'abord l'utilité qu'on peut titrer du marron frais et cru.  Les animaux qui l'acceptent ainsi sont les bovidés, les moutons et les chèvres.
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Les bêtes bovines peuvent consommer jusqu'à trois kilogrammes par jour de marrons crus.  Chez les vaches laitières ils n'exercent aucune influence fâcheuse sur la richesse et la qualité du lait.  Une foi cuits, ils ont une valeur supérieure, comme bien d'autres aliments, et c'est sous cette forme qu'il conviendrait de les donner aux animaux d'engraissement.
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Mais c'est le mouton et la chèvre qui sont le plus friands du marron frais.  On leur en donnera une livre par jour; la dose pour le mouton peut être portée jusqu'à un kilogramme, équivalent à environ trois kilogrammes de betteraves fourragères.
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Le porc et les oiseaux de basse-cour ne peuvent consommer ce fruit à l'état frais. Il faut le concasser, le laver  à l'eau pendant plusieurs heures, le sécher et le mettre en farine.
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On voit que ce produit, qu'on laissait perdre jusqu'à ce jour, constitue une ressource d'autant plus appréciable qu'il est obtenu sans culture.
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J. CAPUS 
  
<<Quel que soit le resultat de la convention, dit-il, il apparait que ces debats peuvent conduire a une situation qui exige de la part du gouvernement une decision au sujet de la politique en Irlande.
 
>> Apres un examen angoisee, j'eprouve la certitude que ce sera un avantage pour le cabinet de guerre de discuter cetter politique sans que je sois present, etant donne le role tres marquant que j'ai joue dans le passe dans la discussion du home-rule et les promesses qui me lient a mes amis de l'Ulster,
 
>> Je desire aussi etre entierement libre moi-meme pour former mon jugement relativement a la nouvelle situation qui peur se presenter en tenant compte a la fois du devoir supreme qui nous est impose a tous d'aider a la poursuite de la guerre et de mes obligations personnelles comme chef du parti unioniste de l'Ulster.
 
>>Je me suis done decide a me demettre de mes fontions dans le cabinet de guerre.  En prenant cette decision, je suis uniquement inspire par les considerations que je viens de'exposer.
 
    Dans une reponse concue en termesamicax, M. Lloyd George, en acceptant la demission, en exrime son profond regret, mails reconnaft la situation difficile ou se trouve sir Ed. Carson.
 
>> LES COMMUNES VOTENT
 
>> L'AUGMENTATION DES EFFECTIFS
 
>>Londres, 22 javier, -- Apres quatre heures et demia seulement de siscusion, Ja Chambre des cornmunes a vote tous Jes articles de la lol des effectifs.
 
  
>>L'Offensive allemande
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La T. S. F. entre Rome et Washington
>> Nous sommes Prets
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Rome, 22 janvier.  -- A l'occasion de l'inauguration des communications radiotélégraphiques entre l'Italie et les Etats-Unis, le ministre de la marine d'Italie et le president Wilson ont échangé des télégrammes amicaux.
>> New York, 22 Janvier -- Dans son expose hebdomadaire de la situation militaire, M Baker, ministre de. la guerre, parlant du front occidental, a dit:
 

Latest revision as of 20:35, 2 November 2019

LEUR CARTE DE GUERRE ET NOTRE CARTE DE PAIX Les Marchés alliés maîtres de l'Allemagne Voici que se dresse enfin l'arme suprême et terrible que la volonté de l'Entente tenait en réserve et qui seule est de taille à maintenir infrangibles et inébranlables les conditions de paix basées sur la justice qu'apres M. Lloyd George, le président Wilson vient de proclamer à la face du monde comme indispensables pour notre existence et pour notre liberté. Il ne s'agit plus désormais de préciser seulement ce que nous exigeons, mais de montrer que nous avons les moyens de l'imposer Si l'Allemagne affirme partout, au nom de sa fameuse "carte de guerre". qu'elle entend dicter à ses adversaires en occupant leurs territoires des exigences dont elle est juge, à notre tour, nous avons en main, au cas où elle n'accepterait pas ce que nous voulons, de quoi la ruiner definitivement, lui enlever pour toujours les moyens de vivre. Elle commence à comprendre avec épouvante que nous irons s'il le faut jusque-là.

La question est maintenant posée dans sa gravité tragique. Non seulement le président Wilson a déclaré qu'il pourrait être impossible, si les maîtres ambitieux de l'Allemagne cherchaient ´ troubler la paix du monde, " d'admettre l'Allemagne aux rapports économiques libres qui doivent inévitablement sortir d'une véritable paix "; mais déjà´, les hommes d'affaires, les Chambres de commerce de l'Amérique envisagent froidement la possibilité de boycotter de tous les marchés alliés le commerce de l'Allemagne après la guerre, si elle conserve sa forme présente de gouvernement. Cette menace a donc cessé d'être théorique. C'est en pleine connaissance de cause, après de mûres et pratiques réflexions, après le patient inventaire de tout ce que nous avons entre les mains et dont nous pouvons la priver jusqu'à la faire mourir, qu'elle se formule. Elle a une autorité´ plus grande encore que tout avertissement venant des sources officielles. C'est la grève de toutes les forces formidables de l'activité économique des allies qui se refusent au barbare.

Les termes du dilemme sont très nets; ou la paix juste, telle que nous avons pose les conditions, ou la suppression totale des matières premières, c'est-a-dire la famine, l'arret de toutes les industries, l'extermination en tant que nation productive.

Quelles que soient, en effet, les branches de son industrie ou de son commerce, l'Allemagne ne peut alimenter ses usines en matières premières sans le concours des alliés. Telle est la constatation irréfutable a laquelle aboutit l'inventaire ou, si l'on peut dire, la carte des matières premières alliées, dressee au ministere du commerce par M. Clementel. Les chiffres en son d'une éloquence sans réplique.

En vivres d'abord, l'Allemagne voit bloquer 85 millions de tonnes de froment contre 16 millions qu'elle produit avec l'Autriche. 23 contre 9 d'orge, 48 contre 12 d'avoine, 90 contre 7 de mais, 94 contre 0,1 de riz. Plus de the, plus de cafe, presque pas de cacao ni de tabac. Même avec le concours de la Russie et de quelques neutres, c'est la famine.

Mais voici qui est plus grave encore. Pas le moindre coton contre nos 4 millions 1/2 de tonnes, pas de jute ni presque de chanvre; a peine 16,000 tonnes de soie et 100,000 de lin contre 230,000 et 1 million 225,000. Enfin, néant comme caoutchouc contre nos 130,000 tonnes et 13,000 tonnes a peine entre tous les neutres.

Deficit a peu pres absolu aussi pour les graines oléagineuses qui conditionnaient chez nos ennemis tant d'industries, et dont ils peuvent obtenir a grand'peine 166,000 tonnes en face des 8 millions de l'Entente.

Enfin, pour la métallurgie et les minerais, ou l'Allemagne manifestait l'orgueil insensé de vouloir commander au monde, c'est un desastre. A peine 37 millions de tonnes de minerai de fer contre 105 a l'Entente, 28,000 tonnes de cuivre contre 780,000, 172,000 de plomb contre 1 million 100,000, 14,000 de nickel contre 390,000, 124,000 de manganese contre 2 millions 218,000; pas de platine, pas de tungstene, pas de bauxite.

Ces chiffres, d'ailleurs, sont corroborés par ceux qui émanent de nos ennemis eux mêmes. Nous avone sous les yeux la dernière édition qui a pu nous parvenir avant la guerre du Statistisches Jahrbuch fur das Deutsche Reich, donnant la situation du commerce extérieur de l'empire allemand pour 1912. Les marchandises détenues par les pays de l'Entente représentent pour l'Allemagne 47,9% de ses importations totales. Quant aux marches de l'Entente, ils absorbent 45,3% des exportations de l'empire. Comment son industrie formidable, partout orientée vers la surproduction pourrait-elle subsister si des débouchés pareils viennent tout a coup a se fermer?

Nous avons demandé à un de nos plus distingués maîtres de l'Université de Bordeaux. M. Sauvaire-Jourdan, qui connait a merveille la situation économique de l'Allemagne, son opinion sur cette question si grave de laquelle dépend, on peut le dire, tout l'enjeu de la guerre. Selon lui, une pareille menace, venant des Alliés comme moyen d'arriver a une paix juste et d'éviter d'autres conflits, est des plus serieuses. Elle apparaît même comme une sanction positive sur laquelle peut se fonder plus tard cette Société des Nations dont on parles tant et qui sans elle resterait quelque peu théorique. Contre une idée de ce genre, d'ailleurs, on ne peut élever aucune objection. Il est juste que nous gardions pour nous ce que nous avons, avant de servir les autres. Toute une grande phase de notre politique douanière a été jadis commandée par ce principe. C'etait, on s'en souvient, le système << pourvoyeur >>, Même avec le mercantilisme, la politique de Colbert admet des restrictions importantes et des prohibitions d'exportation. C'est ainsi qu'on trouve des droits d'exportation sur les laines et sur les vins qui ont laissé longtemps des traces et n'ont guère disparu qu'à la veille de la Restauration.

Le principe apparaît surtout dans toute sa netteté a la belle epoque du système pourvoyeur. C'est ainsi que nous lisons dans le préambule d'une ordonnance de Philippe le Bel en 1305 : << Charite bien ordonnee commence par soi-même. Ce serait cruauté, quand le champ d'où naît la source a soif, de la laisser se répandre dans des terres étrangères >>, Est-il possible de trouver formule plus saisissante et un intérêt plus actuel? Le public ne voit point assez, nous dit M. Sauvaire-Jourdan, que si l'Allemagne, quoique bloquee, peut vivre a cette heure parce qu'elle a ses industries de guerre, au jour de la paix, quand elles disparaitront, elle va mourir de faim si ses industries normales ne sont pas rouvertes. Elle va se ruer sur les matières premières et sur les produits alimentairs essentiels. Or, elle ne peut vivre deux mois sans coton, sans caoutchouc, sans des quantités suffisantes de minerai de fer. Dès avant les hostilités, il lui manquait 2 millions de tonnes de ce minerai. C'était la terrible disette du fer (Erznoth) dont elle sentait déjà la menace et qui l'obligeait à acheter énormément a Briey et a s'intéresser à Segré et a Cherbourg. Si la guerre se termine, comme nous l'espérons, par la reprise de la Lorraine et que nous lui fermions les approvisionnements lorrains, c'en est fait de sa prospérité métallurgique. Elle se trouve en face d'une situation sans issue, avec une classe ouvrière qui, en dehors des usines de guerre, ne peut travailler qu'avec les matières premières qu'elle n'a plus.

Evidemment, la fermeture de ses exportations sur les marchés alliés se fera sentir plus lentement a cause des débouchés qu'elle pourra trouver quelque temps en Russie; mais pour l'absence de matières premières, elle est frappée au coeur d'une maniere immediate et irréparable. Il s'ensuit du même coup la fermeture des ports de l'Entente et l'impossibilité de se ravitailler en charbon en Asie et dans l'Amérique du Nord. C'est le boycottage de sa marine marchande, c'est-a-dire la ruine. On dit qu'elle passera par les neutres? Nous n'avons qu'à maintenir a l'égard de ces derniers le contrôle et le contingentement, qui, realises pendant la guerre, sont encore possibles apres elle.

La question est donc très grave et notre atout des plus puissants. Sans doute, jusqu'a present, notre metallurgic lorraine a vécu du coke allemand, contre lequel elle échangeait ses minerais; mais elle pourra, par des arrangements a intervenir, se ravitailler en Angleterre ou même ailleurs. En definitive. si l'Allemagne a besoin du monde, le monde n'a pas besoin de l'Allemagne. Elle ne peut se passer du bloc allie, et nous pouvons nous passer d'elle! Quoi qu'il arrive, nous ne devrons jamais oublier que, s'il en est ainsi, c'est parce que l'Amérique est entrée en guerre. Paul Frank

En Angleterre Demission de sir Edward Carson

Londres, 21 janvier.- Sir Edward Carson, ministre sans portefeuille, membre du comité directeur de la guerre, vient d'adresser au premier ministre sa démission est uniquement due a des considerations se rattachant a la convention irlandaise.

Quel que soit le résultat de la convention, dit-il, il apparaît que ces débats peuvent conduire a une situation qui exige de la part du gouvernement une décision au sujet de la politique en Irlande. Apres un examen angoisse, j'éprouve la certitude que ce sera un avantage pour le cabinet de guerre de discuter cette politique sans que je sois présent, étant donné le rôle très marquant que j'ai joué dans le passé dans la discussion du home-rule et les promesses qui me lient a mes amis de l'Ulster,

Je désire aussi être entièrement libre moi-même pour former mon jugement relativement à la nouvelle situation qui peut se présenter en tenant compte a la fois du devoir suprême qui nous est imposé a tous d'aider à la poursuite de la guerre et de mes obligations personnelles comme chef du parti unioniste de l'Ulster.

Je me suis done decide a me démettre de mes fonctions dans le cabinet de guerre. En prenant cette decision, je suis uniquement inspiré par les considérations que je viens d'exposer.

Dans une reponse concue en termes amicax, M. Lloyd George, en acceptant la demission, en exprime son profond regret, mais reconnaît la situation difficile ou se trouve sir Ed. Carson.

LES COMMUNES VOTENT

L'AUGMENTATION DES EFFECTIFS

Londres, 22 javier, -- Après quatre heures et demie seulement de discussion, Ja Chambre des communes a voté tous les articles de la loi des effectifs.

L'Offensive allemande Nous sommes Prêts


New York, 22 Janvier -- Dans son exposé hebdomadaire de la situation militaire, M Baker, ministre de. la guerre, parlant du front occidental, a dit: Tandis que l'adversaire est très occupé à concentrer ses forces pour une offensive, les Anglais et les Français s'occupent avec ardeur à renforcer leurs positions défensives en prenant de nouvelles dispositions tactiques, qui, en de nombreux cas. possèdent surtout en caractère pret a toute eventualite.


EN AUTRICHE Le Premier Ministre démissionnaire Amsterdam, 22 janvier. --Le premier ministre autrichien a démissionné, et le comte von Toggenburg a été chargé de former le nouveau cabinet. Von Seidler avait succede a Clam Martinic le 30 avril 1917. Toggenburg était ministre de L'intérieur dans le cabinet Seidler.

LE TRAVAIL A REPRIS A VIENNE Bale, 22 janvier, Les journaux de Vienne ont reparu lundi. Le travail a repris dans la plupart des industries. On ne signale jusqu'à présent aucun incident.

UNE GREVE DE 24 HEURES A PRAGUE Bale, 22 javier. --A Prague, les chefs ouvriers publient un manifeste invitant les ouvriers a faire une grève de 24 heures le 22 janvier et a organiser un cortège. Le travail devra reprendre complètement: le 23 janvier au matin.

Divergences austor-allemandes Bale, 22 janvier. -- "La Gazette de L'Allemagne du Nord" organe du gouvernement allemand, écrit a propos des attaques du "Fremdenblatt" de Vienne contre le prince de Bulow:

Dans les milieux officiels on désapprouve absolument les attaques du "Fremdenblatt" contre le prince de Bulow. Il est regrettable que cette affaire ait été ébruitée par la presse des pays allies d'une manière qui ressemble a une immixtion dans les affaires allemandes. Il est, par suite, comprehensible que la presse allemande, quelle que soit son attitude a l'égard de la politique du prince de Bulow, eleve des protestations."

La "Gazette de la Croix", comme plusieurs autres journaux conservateurs, est désagréablement impressionné par les récentes déclarations du comte Czernin qu'il ne laisserait pas échouer la paix pour des raisons de conquetes territoriales. Elle estime que ces déclarations sont une nouvelle preuve que la politique allemande ne trouve pas auprès de lui l'appui qu'on serait en droit d'attendre.

La Crainte boche des Raids aeriens

Amsterdam, 22 janvier. --Selon la "Gazette de Voss", des centaines d'officiers ennemis ont ete ajoutes aux prisonniers de guerre déjà internes à Stuttgart et dans les environs de cette ville.


FEUILLETON DE LA PETITE GIRONDE DU 23 JANVIER 1918 (71) Le Bandit Gentilhomme Par RESCLAUZE DE BERMON CHAPITRE XLIX Les Assises (Suite) Un seul témoin à décharge restait encore entendre. Bien qu'il ne fut pas mêlé directement à L'affaire, l'avocat l'avalt fail assigner, comptant sur l'effet moral de sa deposition. Le president posa les questions d'usage: -- Comment vous appelez-vous? -- Pierre Jean-Xavier de Revercourt, -- Votre profession? -- Religieux Franciscain, Lieutenant de vaisseau démissionnaire. -- Ou habitez-vous? -- Generalement a Canton (Chine); actuellement à Paris, rue de Varennes. -- Veuillez dire ce que vous savez Ce qu'il savait! On lui demandait ca qu'il savait! A lui

dont les lèvres devaient rester impitoyablement closes! Etait-ce Dieu, vraiment, le Dieu dans l'amour duquel il s'etait Jete comme en unrefuge; etait-ce le Dieu bon, etait-ce le Dieu juste qui avait créé des supplices pareils a celui que lui infligeant ces seuls mots: "Dites ce que vous savez!" II venait de jurer de dire la vérité et un autre serment, anterieur, plus fort et plus sacré encore lui ordonnait de se taire. Et cependant IL savait!... II savait que cette enfant était innocente... II savait que, depuis son berceau, elle était la victime des plus atroces perfidies. Et II ne pouvait s'écrier; Cette enfant, c'est ma fille!... On me. l'a volée pour avoir sa fortune!... Maintenant ce sont les vrais coupables qui l'accusent!... Je les connais!... Prenez-les emprisonnezles, guillotinez-les. Pas d'indulgence pour eux, car ce n'est pas une seule victime qu'ils ont faite!... II est des armes plus meurtrières que le poison!... Qu'est-ce done qui brûle mes entrailles? Qu'est-ce done qui brûle mes entrailles? Qu'est-ce que ce feu de L'enfer qui me dévore le coeur?... Ma fille sur le banc d'infamie! Ma fille insultée par ces regards qui l'accusent, et bientot ma fille condamnee!... A quoi? Grands Dieux!... A la honte ou a la mort?... A quoi?... Cette jeune existence flétrie ou cette jeune vie fauchée... Et moi qui sais, moi qui suis son père, je ne puis rien pour la sauver!...Je n n'aurais qu'un mot a dire et ma langue est enchaînée plus inexorablement que ne. Ie sont les forçats par leurs cadenas de fer... Et si cette enfant retrouvée monte les degrés de l'échafaud, je ne pourrai rien pour elle que la soutenir et tendre a ses lèvres mourantes le Dieu crucifié a la loi duquel ie l'immole! Il pensait, et malgre son energie, mise si sonvent a de rudes epreuves, son émotion était telle qu'il ne pouvait articuler aucun son. Le président dut lui répéter la formule: -- Veuillez nous dire ce que vous savez? II sembla alors se reveiller d'un songe. D'une voix dont il ne pouvait maîtriser. L'eniotion, it dit qu'il était l'oncle du fiancé de l'accusée, et qu'à ce titre il était allé la voir dans sa prison; qu'en s'appuyant sur ce qu'elle considérait comme des preuves, la justice faisait son devoir, mais qu'a cote des preuves matérielles il y avait les preuves morales; qu'il ne lui appartenait pas d'empiéter sur les droits de la défense, mais qu'il avait eu de longues conférences avec l'accusée et qu'en son âme et conscience il jurait en avoir acquis l'inébranlable foi en son innocence . Il y avait dans le ton et dans les affirmations de ce missionnaire aux tempes creuses, prematurement vieilli, un tel accent de conviction; Il eut le don d'émouvoir tous ceux qui L'entendaient d'une émotion si spéciale, de quelque chose de si imprévu, de si complètement inéprouvé que, de toutes les depositions, celle-là fut certainement la plus sensationnelle.

En Mildred aussi, une fibre s'était émue, et quelle fibre! Quelque chose d'inemprimablement doux et d'horriblement angoissant.

Pour sortir, le missionnaire devait passer tout près du banc des accusés. Il jeta sur Mildred un indefinissable regard. La jolie tête blonde s'inclina comme pour solliciter une bénédiction, et il devina au mouvement des lèvres, plutôt qu'il ne l'entendit, ces mots dits a demi-voix:

-- Merci! mon père.


PAGES L'HEROISME LES GLORIEUX SOLDATS DU SUD-OUEST Récit des opérations ayant valu au 6e régiment d'infanterie (Saintes) une citation a l'ordre de l'Armée

Au cours de l'attaque du 20 août 1917 (region de Verdun). l'objectif du 6e régiment d'infanterie était la cote 326 (ouvrage du Bufle) et a l'ouest de celle côté les tranchées de Jutland et de Trèves jusqu'a l'ouvrage de l'oursin exclusivement.

A 4 h. 40, après avoir subi vers quatre heures un violent tir d'anéantissement, le régiment part à l'attaque de ses positions de départ sur les pentes nord de la côte du Poivre. Les trois bataillons dans Fordre, 1er, 3 et 2 s'engagent les uns derrière les autres.

Le 1er bataillon a pour objectif l'ouvrage du Caniche, la ferme de Mormont; il y court, colle au barrage roulant, Des sections cependant s'engagent dant un rapide combat a la grenade avec des mitrailleuses allemandes qui se dévoilent dans son flanc droit (tranchée du Chevalet) et les reduisent au silence; a 5 h, 25 le 1 bataillon a atteint son objectif.

Le 3e bataillon traverse le ravin Vacherauville-Beaumont et vient se placer derrière la droite du 1er bataillon. A 6h. 25 il s'élance vers l'ouvrage du Bufle, s'en empare d'un seul élan, annihilant la defense des Allemands, qui se rendent. Le Bufle est depasse, mais, la crete franchie, le 3 bataillon est en butte au tir des mitrailleuses du bois des Caures et du bois du Fays. L'artillerie allemande a raccourci son tir et arrose nos nouvelles positions. Les pertes sont lourdes, mais trois contreattques qui débouchent du bois du Fays et du bois des Caures sont cependant repoussées.

Le 2e bataillon traverse le ravin Vacherauville-Beaumont sous un violent tir de barrage. LL vient se placer derrière la gauche du 1er bataillon. A 6 h. 25, il part a l'attaque de la tranchée du Jutland; la 5e compagnie y pénètre et pousse dans la tranchée de Trèves une section qui ne peut s'y maintenir. Les 6e et 7e compagnies se heurtent a des fils de fer intacts devant la tranchee du Jutland; malgre leurs efforts, elles ne peuvent vaincre cet obstacle sous le feu des mitrailleuses et des grenadiers allemands. Elles se cramponent au terrain; le 21, au petit jour, le 2e bataillon parvient a s'emparer de la tranchée du Jutland après un combat a la grenade vivement mené et contribue a la prise de l'ouvrage de l'Oursin. Seule la partie ouest de la tranchée de Trèves résiste a toutes les tentatives.

Du 21 au 24, le régiment soumis presque constamment à un bombardement violent, en butte aux tirs des mitrailleuses embusquées a la lisière des bois, s'organise et repousse avec ténacité toutes les tentatives faites par les Allemands pour reprendre le terrain qu'ils ont perdu, a notamment une contre-attaque importante le 21, a 19h. 30, partant du bois du Fays.

Par décision du général commandant en chef du 18 septembre 1917 , le 6 régiment d'infanterie fut cité à l'ordre l'armée dans les termes suivants:

"Sous le commandement du lieutenant-colonel Meulle-Desjardins, s'est élancé avec impétuosité à l'attaque, [l?] 20 aout 1917.

"Malgre la violence des [illegible- tear] outrage allemands, les pertes subies et l'arrêt momentané de sa gauche devant des obstacles incomplètement détruits, a marche droit au but, enlevant successivement deux fortes positions, s'installant en fin d'attaque sur la côte 326 (ouvrage du Bufle).

"Violemment contre-attaqué a plusieurs reprises et sévèrement bombardé, a resiste pendant cinq fours, impassible et storque, a toutes les contre-attaques."


ACTES INDIVIDUELS

Fait d'armes accompli par le soldat de 1re classe LABADIE,Baptiste, 6e R. I., 6e compagnie:

Le 1er juillet 1916, une attaque allemande aux liquides enflammés, s'étant déclenchée sur le front de la 6e compagnie, avait réussi à s'emparer de notre première ligne.

L'occupation de cette ligne avait été fortifiée par les Allemands a l'aide de cinq mitrailleuses sur la partie de la tranchée attaquée. Le soldat LABADIE, faisant partie d'une équipe de grenadiers en soutien de mitrailleuses entre la 5e et la 6e compagnie, organisa de sa propre initiative une contre-attaque latérale à la grenade.

Excellent lanceur, il réussit a balayer une partie de la tranchée occupée, a s'emparer d'une mitrailleuse qui arrêtait la progression de la contre-attaque du front; tuant les servants a coupe de grenades, il continua la progression jusqu'au moment où il put assurer la liaison complète avec la 7e compagnie a droite et les groupes de la6e compagnie qui étaient revenus dans la tranchée."


Temoins du fait: aspirant Bray, soldat Charriau, caporal Rataud.

Fail d'armes accompli par le sergent SIMON, Victor, 6e R. L., 7e compagnie:

"Le 1or juillet 1916, a la suite de la même attaque allemande qui nous avait fait perdre quelques éléments de tranchée a la cote 304, le sergent SIMON, commandant un groupe de grenadiers d'élite, reussit a arreter l'ennemi, puis, profitant d'un moment d'hésitation, il se porta brusquement en avant avec ses hommes, culbutant les tractions allemandes qui se trouvaient devant lui, les pourchassant dans leurs lignes et reprenant ainsi integralement les positions que nous avions ete obliges d'abandonner."

Faits d'armes accomplis par le sergent DEYRICH, Clovis, 6e R, I., 3e compagnie:

"Le 23 août 1914, en Belgique, pris part a l'assaut avec une section. Cette section fauchée par les mitrailleuses ennemies, il en rassemble les restes et la ramène dans les lignes."

"A Craonne, 22 septembre 1914, etant caporal. Volontaire pour une reconnaissance qu'il accomplit sous un feu d'enfer. Nommé sergent sur le champ de bataille a son retour."

"Le 23 septembre, son bataillon attaque Craonne. Est volontaire pour toutes les reconnaissance. Reste pour accomplir sa mission sous le feu de l'ennemi pendant six heures avec de l'eau jusqu'à la ceinture."

"Au retour, passe sa nuit comme volontaire a transporter des blessés."

"Le 24, accomplit comme volontaire une reconnaissance en plein jour sous les yeux de l'ennemi qui tire sur lui. Parvient à rentrer dans le parc' de Craonne, rapporte les renseignements."

"En octobre 1914, sur la route d'Ailles, va chercher un camarade blesse, sous le feu de l'ennemi; revient en rapportant le blesse, sa capote traversée de plusieurs balles,"

"Se signale depuis a chaque occasion." E.T.

LE MAITRE

Ils entrèrent tous les trois, Mirempon, Peyrouton et Joinon. --On est les maitres, constata Mirempon en se retournant dans la grande pièce déserte. Les copains s'en font au ravitaillement des premières lignes. --On se tape la tête un peu pour se consoler,proposa Peyrouton. Joinon bailla, tout en se débricolant de ses musettes. --Moi, les retours de perme, ca me serre l'estomac pour une semaine. C'était autour d'eux une chambre classique d'avant-guerre; les pépères l'avaient reconstituée avec des matériaux de fortune. Au long des murs s'appuyaient des couchettes individuelles, ou le treillage métallique, ayant bien pris la forme de l'homme, remplaçait avantageusement le sommier; une planche à pain grillagée et un garde-manager pendaient au plafond; l'ameublement se complétait d'une table à jeu en acajou, d'un fauteuil Voltaire manchot, glorieux mutilé de la guerre, et d'un poêle de tranchée qu'on avait arrêté au passage; tout ca bien range, propre et net de partout, comme il nest de mode chez les pépères, lancés tardivement sur les chemins de la guerre.

Les trois hommes s'étaient mis a leur aise. Mirempon et Peyrouton déballaient des provisions, et déjà deux bouteilles issaient, poussiéreuses, de leurs paillons.

Moi, dit mélancoliquement Joinon, je vas voir si mon crin végétal ne s'est pas trop aplati.

Pendant qu'il s'étendait sur sa couchette, ses deux copains, silencieux, se partagèrent un saucisson.

Soudain, Mirempon, son couteau haut levé, murmura, l'oreille aux écoutes...

Sans perdre une bouchée, et tout en remplissant son quart, Peyrouton s'informa:

C'est-y une arrivée ou un départ?...

Presque aussitot, un bruit assourdissant emplit le voisinage de rumeurs et d'échos; les cloisons tremblaient, et la porte, qu'ils avaient laissée entr'ouverte, se referma toute seule. T'endends done pas que c'est une arrivée, declara simplement Mirempon, la bouche pleine.

Ah! malheur! gemit Joinon, en se retournant sur sa couchette.

Un sifflement s'arrondit sur le bâtiment, arretant net leurs propos; respiration suspendue, ils ecoutent, les oreilles hautes, comme pour se lancer à la poursuite du bruit.

C'est pas pour nous, celui-la, fit enfin Joinon.

Et ils respirerent avec force.

Je vous dis que tant qu'on les aura pas mis de l'autre cote du Rhin, ces poisons se découvriront des canons qui portent toujours plus loin, reprit Joinon.

Pet! hurla soudain Mirempon, en se coinçant entre deux couchettes, cependant que Peyrouton s'aplatissait sous la table.

Quelque chose entra: ce fut dans la chambre une levée simultanée de poussières et de clameurs; un bruit sec battit un des murs... puis, con n'entendit plus que les hurlements de Joinon.

Au secours! Faudra prévenir ma femme, Mme Joinon...Ca y est sur mon livret, je crois.

La chambre demeurait ennuagée de poussière lourde; cramponné aux abords d'une couchette, Mirempon rugit.

Tu es blessé!...

Non, gemit Joinon... mais IL est couché le long de moi...

Blème, du coin ou il se tassait, Peyron ton s'informsa: --Quoi done? --L'obus... --L'obus?... T'est pas marteau ?

--L'obus... que je vous dis, se laments Joinon...ll est couche tout le long de moi, la poison... Et puis, me faites pas parler; y va me faire fougasse sous le bras...

On commencait à voir clair; des platras et des gravats étaient retombés lourdement sur les lits; les êtres et les choses du décor émergeaient peu a peu du nuage de poussière, Mirempon, se soulevant, risqua un regard vers Joinon...

--Ah ! ca ...

Peyrouton, a quatre pattes, s'approcha...

Alors, une terreur les poigna a voir Joinon couche' immobile, les bras en croix; une longue forme noire s'allongeait contre son flanc gauche.

Les deux amis répétèrent encore:

--Ah! ca...

Puis, ils essayèrent de reconstituer la chemin suivi par l'obus.

--Miracle du bon Dieu, trembla Peyrouton.

A l'angle nord-est de la piece, la-haut, un trou beait, par lequel l'engin avait fait son entrée oblique; arrivé presque à son point de chute, i! avait frolé, du contour de son ogive, une des couchettes, et devie de son chemin, labouré le parquet avec sa ceinture avant de reprendre un pauvre essor et de se plaquer sur le mur blanchi à la chaux, ou son empreinte demeurait; aprés quoi, il s'était laissé tomber sur le lit, tout contre Joinon, qui hurlait d'épouvante.

Attends un peu!.. . ll fut un signe à Peyrouton, tous le deux s'approchèrent du lit. --Tu vas le prendre par les pieds reprit-il en désignant Joinon.

Et comme, méfiant, Peyrouton ne bougeait pas: --Prends les pieds que je te dis... et à moi la tete...

Et pour Joinon, il ajouta: --Raidis-toi un peu.. hé!...

Ce fut un travail lent; ils souleverent Joinon precautionneusement, d'un seul mouvement, que rythmaient les ahans par lesquels s'exprimaient leur réelle terreur; au fur et à mesure qu'ils ramenaient leur copain vers le bord, l'obus, roulant lentement, seblait s'accrocher à lui, enfin, parvenu au creux de la couchette, il s'immobilisa, et, sur le fond brun de la couverture, il ne fut plus qu'un énorme bijou sombre, cercle d'or rouge, dans son ecrin.

Joinon, qui s'était remis debout, claquant des dents, le regardait. --Allex... allez... émit péremptoirement Mirempon, c'est pas le moment de le braver, le gars. Il est le maitre ici... à cette heure... Faut lui laisser la place.

Sans perdre des yeux l'obus. ils reculèrent vers la sortie, refermèrent la porle, et comme le hasard y avait laissé une serrure. Mirempon en tourna la clé par deux fois.

--T'as pas peur qu'il s'en aille, tout de meme, ricana Peyrouton, nerveusement.

Mais Mirempon l'arreta:

--Faut pas rie, mon p'tit gars.. Ces sares truc... y z'ont, comme ca, des fois, l'idée de partir tout seuls... Et alors, on sait jamais ou y peuvent vou envoyer leurs morceaux... Et, a pas religieux, les trois copains s'éloignèrent...

J.VALMY-BAYSSE.


SUR LE FRONT ITALIEN Les Armées ennemies

Rome, 22 janvier, --Bien que la pression des armées austro-allemandes ait légèrement diminué sur quelques parties du front italien, l'ennemi maintient encore en ligne 52 divisions et demie, dont huit allemandes. La plus forte pression s'exerce toujours sur la ligne Brenta-Piave.. Elle est un peu moins sensible du Piave jusqu'à la mer.

A la fin de decembre, l'ennemi n'a enlevé au front italien que deux divisions, dont l'une allemande, qui a été envoyé sur le front français; l'autre dissoute a la suite des pertes qu'elle avait subies.

L'Autriche tyrannique

Rome, 22 janvier. -- Les nations alliées de l'Autriche, dans le but d'affirmer leur participation à l'occupation des provinces de la Venetie, ont établi chacune leur propre administration dans différentes villes italiennes: les Turcs a Feltre, les Bulgares a Conegliano. De nombreuses maisons privées ont été saccagées à grade, à Cervigno et à Gradisca. Celles qui n'ont pas été pillées ont été incendiées.

D'autre part, les Autrichiens ont constitué une magistrature spéciale contre les Italiens se trouvant à la tête des administrations publiques que l'armée italienne avait précédemment libérées du joug autrichien.

On signale aussi qu'une assemblée pangermaniste tenue à Innsbruck a voté un ordre du jour contraire a l'autonomie du Trentin et demandant en même temps la germanisation de tout le pays par l'institution de nombreuses écoles allemandes et le maintien exclusif dans le administrations et dans le clergé d'éléments allemands.

Boroevic generalissimo ennemi

C'est l'indice d'une tactique défensive

Front italien, 22 janvier. -- Le general Boroevic a été nommé en remplacement de l'archiduc Eugène au commandement de tout le front d'ltalie. Le general Boroevic est plus jeune que le marechal Conrad von Hoetzendorff. Cela donne à cette substitution un caractère de mise en disgrâce qui a probablement des rapports avec les opérations sur ce front. Conrad garde le commmandement du front des moutagnes, mais le commandement du Plave passe au-dessus de lui.

La tactique de Boroevic sur le front italien a été généralement une tactique de défense. ll s'est tenu sur la défensive pendant deux ans sur l'lsonzo et n'a pris l'offense que lorsque l'arrivée des renforts allemands le forcerent a avencer. Depuis la formation de la nouvelle ligne du Piave,sa politique a de nouveau été une politique surtout de défensive. Sa nomination semble done confirmer les bruits que l'ennemi se propose de maintenir pour le moment une attitude défensive sur le front italien.

L'archidue Eugène serait devenu fou.


La Conscription italienne

Rome, 21 janvier. -- On a commencé en Italie à caserner tous les réformés des classes 1894 à 1919. En meme temps, on procède à l'inscription de la classe 1920.


Le général Alfieri quitte Paris Paris, 21 javier. -- Le général Alfleri, ministre de la guerre d'italie, vient de passer trois jours à Paris. Il a visite le ministre de la guerre et les chefs militaires. Hier, il a été reçu par M. le Président de la République.

Il s'est rendu aussi à Versailles pour visiter les membres du Conseil de guerre interallié.


L'Effort américain M. WILSON HOSTILE A LA CREATION D'UN COMITE DE GUERRE ET AUX COMMISSIONS

Washington, 22 javier. --Le président Wilson se déclare hostile à la création d'un comité de guerre et d'un ministère des munitions, il estime que les enquêtes des commissions parlementaires ne tendent qu'à retarder le preparatifs de guerre du gouvernement, car elles retirent aux ministres leur besogne. De plus, le projet de loi vient après la réalisation des mesures de réorganisation. M. Wilson dit qu'il considere M. Baker, sous-secrétaire d'Etat à la guerre, comme l'un des hommes publics les plus capables qu'il n'ait jamais connus. "Le pays, dit-il, saura blentot si c'est M. Baker on ses critiques qui connaissent leur affaire."


CROQUIS D'ORIENT

1. L'ECOLE Près de la grande route qui conduit de Salonique au camp de Zeitenlik, un flot d'enfants s'échappe de quelques baraques entourées d'arbres -- un oasis au milieu des collines poussiéreuses et nues. La classe est finie; une étrange classe pendant laquelle des maltres français ont enseigné notre langue a tout un petit peuple, ou sont représentées les races multiples de l'Orient européen et de l'antique Asie. Ces gamins viennent du village des réfugiés, vraie petite ville de briques et de tôle bâtie tout près du camp' et qui abrite des grecs de la côte asiatique, des Macedoniens, des Tziganes, bien d'autres familles dont le caractère ethnique est indéfinissable. Tous ces gens ont fui la misère turque ou l'oppression bulgare et sont venus chercher à Salonique un asile et la paix. Ces hommes travaillent pour le compte des allies, les femmes ne quittent guère leurs maisons, les enfants rôdaient partout autour des bivouacs, mendiants inlassables qui s'adonnait avec joie a la paresse et au vagabondage. L'école a été créée pour mettre fin à ce désordre plus encore que pour répandre notre culture.

Les baraques militaires ont servi de local, les banes, les pupitres, tout le matériel scolaire manquaient... mais les Boches avaient bien avant la guerre des écoles à Salonique, sachant fort bien qu'enseigner leur langue c'était servir leur commerce et favoriser leurs projets el domination mondiale. Les alliés sont venus et les écoles allemandes ont dû fermer leurs portes. On les a ouvertes pour saisir ton un mobilier solide, grâce auquel les gamins de Lembet peuvent écouter, confortablement installed, les leçons de leurs professeurs. Une moitié de la journée est consacrée à l'étude du français, l'autre à celle du grec. Les petits Orientaux, a l'intelligence souple, écoutent avec attention et apprennent vite. Si quelques-uns font encore de temps en temps l'école buissonnière, la plupart -- surtout les garçons, paraît-il -- ne regrettent pas leur existence errante. La méthode directe donne d'excellents résultats pour l'enseignement de notre langue. Et. soit dit sans vouloir diminuer les qualités professionnelles des maîtres grecs, les enfants témoignent une sympathie plus vive pour le maltres francais. Ceux-ci sousofficiers des classes anciennes, qui instruisaient avant la guerre les jeunes garçons du Midi de la France, sont peut-être plus paternels, moins distants que leurs colleagues hellenes. Pour comprendre a quel point ils aiment leurs élèves, il suffit d'entendre avec quel accent ils rappellent les misères de l'hiver passé; toute cette population enfantine, sans vetements, grelottant sous des haillons.

L'enseignement n'est pas seulement théorique. On a voulu habituer les élèves aux travaux manuels, leur donner le goût de la terre. Chacun d'eux a son jardin sous les arbres, a côté de l'école. Aucune règle n'est imposée pour le choix des cultures, et l'aspect des petits carrés de terrain prouve les goûts variés des propriétaires. Un des plus acharnés parmi les travailleurs est un robuste garçonnet au teint pâle, aux cheveux presque blancs. Il vient de Tiflis. Georgie! Quelle succession de hasards a pu le conduire à Salonique, a travers toute l'Asie turque et l'Egée?...Il montre ses légumes avec orgueil et ne se fait pas trop prier pour réciter une fable de La Fontaine.

La sympathie des enfants a valu aux maîtres celle des parents. Quels que soient leurs défauts, les Orientaux sont presque tous gens intelligents; les familles ont généralement compris la valeur de l'enseiguement des professeurs français. Ceuxci sont respectés par tous dans le village. On les invite aux ceremonies, ou ils trouvent une place d'honneur. Mais j'imagine que la meilleure des récompenses doit être l'accueil que leur font les enfants dans les rues. Il faut entendre les gamins, presque des marmots, appeler en riant et en faisant rouler les r: "Monsieur Maurel! Monsieur Maurel!"

Deserteur assassin

Orleans, 21 javier. -- Surpris, alors qu'il cambriolait à Montargis, faubourg de la Sirène, par une darne Dronet, le nomme Victor Mine, dix-huit ans, deserteur, a saisi celle-ci a la gorge et l'a assommée. On a trouvé le cadavre le lendemain.

Le meurtrier a été arrêté. ainst que sa maitresse, Alice Pophillpu, âgée de dixhuit ans.


REVUE DE LA PRESSE

LE CYCLONE RUSSE Paris, 22 janvier. -- Il faut admirer, dit M. Gustave Hervé (la Victoire), ceux de nos socialistes qui ne cessent de se lamenter a la pensee que la présence de quelques-uns d'entre eux a Petrograd aurait tout empêche:

Comme si Moutet, Cachin, Laffont et Albert Thomas n'avalent pas fait là-bas tout ce qu'ils avaient pu pour empêcher ce qui arrive, Aujourd'hui ils continuent à adresser des semonces à notre gouvernment sur son inaction. Ils voudraient qu'on intervienne là-bas, qu'on agisse!

Agir? C'est bientot dit. Mais que faire?

En ce moment il n'y a rien a faire, rien, contre un pareil cyclone. Une fois dechafne, toutes les forces humaines sont impuissantes. Il n'y a qu'une précaution à prendre: eloigner les autres navires qui portent les nations alliées et leur fortune de cette zone de devastation. Le cyclone s'apaisera seul, comme tous le cyclones.

Les tempetes de ce genre, conclut M. Herve, qui ne recule pas devant la métaphore audacieuse, s'apaisent d'elles-mêmes quand tout le monde est las du désordre, de l'anarchie, de l'insécurité et de la famine, quand des profondeurs du sol national surgit un sabre ou en knout geant qui apaise les flots déchaînés.


MOEURS DE BOLCHEVIKS L'envoyé du Journal a Petrograd, M. Paul Erio, retrace des scènes dont il a ete le temoin. Voici un croquis de la Constituante éphémère qui donne une idée de la mentalité des representants bolcheviks:

Le généralissime Krylenko et le matelot Dibenko se faisaient surtout remarquer par leur violence, et lorsque Tchernoff, quoique sachant combien sa menace serait vaine, s'écria qu'il expulserait ceux de ses collègues qui ne permettraient pas aux orateurs de parler, Krylenko en ricanant lui lança cette apostrophe: "Essayez donc! Vous immaginez-vous qu'un seul soldat vous écoutera?"

Pendant le discours de Skobeleff, les bolcheviks eurent une attitude particulièrement scandaleuse. Celui-ci reprochait a Lenine d'avoir fait tirer dans l'après-midi sur les ouvriers se rendant a la Constituante, quand il fut interrompu par des hurlements sauvares. Tous les bolcheviks l'interpellaient a la fois: "Ceux qui se sont montrés aujourd'hui dans la rue, répétaient-ils, sont traîtres comme vous. On a bien fait de les tuer."

A son banc, Lenine continuait de sourire, l'air satisfait, et a plusieurs reprises je le vis aller s'entretenir avec Kolental, sa maitresse, assise derrière la tribune présidentielle, et qui me parut aussi rejouie que son sanguinaire ami.

Aussitôt après le depart des bolcheviks une vive discussion s'engagea entre les socialistes révolutionnaires de gauche et ceux de droite, et tout a coup le depute Feolilatieff, de la fraction des socialistes de gauche, se precipita sur Tseretelli en brandissant un revolver. Un des commissaires, du peuple sauva l'ex-ministre des poste et telegraphes en desarmant Feofilatieff.

Autre croquis, cette fois au ministère des affaires étrangères:

Si je ne tue pas demain deux cents bourgeois, je ne serai pas satisfait."

S'exprimait devant moi, la veille de la seance, un matelot à qui Trotzky accorde toute sa confiance et qu'il a installé au ministère des affaires étrangères ou, autant que j'ai pu en juger, il dispose d'une autorité que les services particuliers qu'il rend au chef des bolcheviks peuvent seuls expliquer.

Au moment ou il faisait part de ses projets a un des adjoints de Trotzky dans le bureau duquel il se trouvait, ce farouche révolutionnaire nettoyait avec le plus grand soin un browning qu'il venait de monter et dont il avail dispose les pièces sur un dossier contenant des documents diplomatiques.

Sa réflexion avait été du goût des personnage presents, et les marques d'approbation qu'elle provoqua me montrèrent que les leninistes entourant le matelot partageaient ses sentiments.


Au Comité de Guerre interallié

Paris, 22 septembre. -- Le gouvernement des Eta-Unis et celui de la Grèce seront représentés au comité de guerre de Versailles.


Reunion des premiers Ministres allies a Paris

Paris, 22 janvier. -- La semaine prochaine vraisemblablement se réunira a Paris, sous la présidence de M. Clemenceau, le comité des présidents des conseils et ministres de la guerre interallies, MM. Lloyd George et Orlando seront presents.

La Bataille devant les Dardanelles

Londres, 21 Janvier. -- On communique officiellement les nouveaux détails suivants sur l'engagement naval qui eut lieu à l'entrée des Dardanelles:

Le "Goeben" et le "Breslau" apparurent à l'entrée des Dardanelles de bonne heure le 20 janvier et attaquèrent nos forces au nord de l'Ile d'Imbros. Le monitor "Raglan" et petit monitor "No-28" furent sérieusement touchés et coulèrent.

Les navires ennemis se dirigérent vers le sud de l'Ile d'lmbros. Le "Breslau" entra dans un de nos champs de mine et coula. Le "Goeben", l'abandonnant, rebroussa chemin a toute vapeur dans la direction des Dardanelles.

Des destroyers turcs venus au secours du "Breslau" engagèrent le combat avec nos destroyers et furent repoussés.


Près de l'entrée du détroit le "Goeben" toucha une mine et son arrière accusa une inclinaison d'environ 15. Il continua néanmoins sa route a vitesse réduite et finit par aller s'échouer à l'ouest de la pointe de Nagra.

Le navire ennemi est continuellement bombardée par notre aviation.

Nous avons recueilli 172 survivants du "Breslau", que nous avons faits prisonniers.

Les noms des survivants du "Raglan" et du monitor "No-28" ne sont pas encore connus; sur un total d'environ 310 hommes d'équipage, on annonce qu'il y a déjà 132 survivants.

A Propos du "Breslau" et du "Chateau-Renault" Toulon, 22 janvier. -- A propos du combat dans lequel le "Breslau" a été coulé, on rapporte que lorsque les officiers et l'équipage du sous-marin allemand coule il y a un mois en Méditerranée occidentale ont été recueillis a bord de deux torpilleurs d'escorte du "Chateau-Renault", on a vu avec surprise les prisonniers tomber à genoux, faire une courte prière, puis les officiers demander un répit d'une heure pour écrire à leurs familles avant d'être fusillés. Il y a encore dans la marine allemande des officiers et des marins qui croient que les prisonniers allemands sont massacrés.

L'Allemagne a rappelé ses sous-marins a leurs Bases Paris, 22 janvier. -- On annonce que l'Allemagne vient de rappeler ses sous-marins au port. Suivant un de nos confrères, le but de cette mesure serait le suivant:

1o Les gros sous-marins, dits croiseurs submersibles, armes de conons de 120, voire de 150 millimetres, announces au commencement de 1917, et dont l'achèvement était prévu pour la fin de cette même année, doivent etre prets.

2o En raison de l'accroissement du nombre et de la puissance des chasseurs qui escortent aujourd'hui les transports américains, les groupes de sous-marins vont sans doute être renforcés par ces croiseurs submersibles. Quoi qu'il en soft, le rappel des sous-marins, s'il est exact, ne sera qu'un répit de courte durée.

Raid d'un Sous-Marin allemand

Paris, 22 janvier. -- Un sous-marin allemand, sous le ordres du commandant Kophanel, vient de faire la croisière Allemagne-îles du Cap-Vert et retour; au total, 5,000 milles en ligne directe, et probablement 6,000 milles, à cause des detours resultant de la destruction de 15 navires (1 destroyer americain, 9 vapeurs et 5 voiliers).

Pour cet exploit, le commandant Kophanel est dénommé par nos ennemis le "premier heros de 1918".

Le Marron d'Inde dans l'alimentation du bétail

Dans le langage, vulgaire, on donne le même nom de "marron" aux fruits fort différents de deux arbres très distincts; le marronnier d'Inde. Qui est ornamental, et le châtaignier de nos forêts. La ressemblance grossière de ces fruits a fait donner également le nom de "châtaignes de cheval" a celui du marronnier. C'est au fruit de ce dernier arbre qu'en botanique est appliqué le mot de marron. Ces deux produits sont fort différents par leur composition et leur valeur alimentaire, comme sont éloignés par leurs caractères botaniques les arbres qui les portent.

On a beaucoup parlé dans ces derniers temps du marron d'Inde et une campagne a été faite pour engager les enfants à ramasser ce fruit, le plus souvent négligé jusqu'à ce jour, pour l'envoyer à la distillation. Avec 8 kilogrammes de marrons, -- c'est la quantité qu'un enfant peut ramasser en une demi-heure, -- on obtient 1 litre d'alcool. Ce fruit a donc une réelle valeur industrielle.

>>Il n'en a pas moins pour l'alimentation du bétail. Il existe à cet égard bien des doutes ou même des préjugés, et je désirerais mettre au point la question d'après les plus récents travaux. Il résulte des analyses que le marron est pauvre en matière azotée et en graisse, mais qu'il est riche en amidon. Il se rapproche done plus des racines et des tubercules que des graines. Mais, en outre, il contient un principe amer qui en réduit l'usage alimentaire, soit parce qu'il est toxique pour certaines espèces, soit que cette saveur le fasse refuser par les animaux. Le trempage prolonge, le lavage à l'eau courante font disparaître ce principe nuisible et augmentent for la valeur alimentaire de ce fruit, don't l'usage peut devenir des lors plus general. Mais si facile que soit cette préparation. elle demande un certain temps. Aussi, recherchons d'abord l'utilité qu'on peut titrer du marron frais et cru. Les animaux qui l'acceptent ainsi sont les bovidés, les moutons et les chèvres.

Les bêtes bovines peuvent consommer jusqu'à trois kilogrammes par jour de marrons crus. Chez les vaches laitières ils n'exercent aucune influence fâcheuse sur la richesse et la qualité du lait. Une foi cuits, ils ont une valeur supérieure, comme bien d'autres aliments, et c'est sous cette forme qu'il conviendrait de les donner aux animaux d'engraissement.

Mais c'est le mouton et la chèvre qui sont le plus friands du marron frais. On leur en donnera une livre par jour; la dose pour le mouton peut être portée jusqu'à un kilogramme, équivalent à environ trois kilogrammes de betteraves fourragères.

Le porc et les oiseaux de basse-cour ne peuvent consommer ce fruit à l'état frais. Il faut le concasser, le laver à l'eau pendant plusieurs heures, le sécher et le mettre en farine.

On voit que ce produit, qu'on laissait perdre jusqu'à ce jour, constitue une ressource d'autant plus appréciable qu'il est obtenu sans culture. J. CAPUS


La T. S. F. entre Rome et Washington Rome, 22 janvier. -- A l'occasion de l'inauguration des communications radiotélégraphiques entre l'Italie et les Etats-Unis, le ministre de la marine d'Italie et le president Wilson ont échangé des télégrammes amicaux.